Mot du Supérieur général

Le Séminaire de Québec, une institution sans cesse en évolution

Fondé en 1663, le Séminaire de Québec est né de l’ingéniosité pastorale exceptionnelle du premier évêque de l’Église en Nouvelle-France.  Comment organiser l’annonce de l’Évangile dans un vicariat apostolique qui avait presque la taille de l’Amérique du Nord, alors que les ressources sacerdotales et matérielles étaient beaucoup plus limitées qu’aujourd’hui?  François de Laval eut alors l’idée géniale de fonder le Séminaire de Québec, une institution qui aurait comme mission de former un clergé autochtone et servirait à la fois de lieu de résidence, de ressourcement spirituel et de repos pour tous ses prêtres diocésains.  Les prêtres du Séminaire mettaient toutes leurs ressources en commun et, en retour, le Séminaire assurait leur subsistance, qu’ils soient en santé ou malades.  À l’origine, les prêtres du Séminaire furent donc des prêtres missionnaires.  Ils faisaient la tournée des colons établis autour de Québec, sur la Côte-de-Beaupré, le long du Saint-Laurent, en Acadie et même jusqu’en Louisiane.  Toutefois, Monseigneur de Saint-Vallier, successeur de Monseigneur de Laval, a modifié de façon substantielle l’œuvre du Séminaire.  Il accéléra la fondation des paroisses, la nomination de curés résidants et dissocia complètement les paroisses du contrôle du Séminaire de Québec.  Il limita le rôle du Séminaire à la formation du clergé et à la prise en charge des missions en Acadie et en Louisiane.

Au moment de la Conquête anglaise, les Jésuites durent cesser leurs activités d’enseignement, laissant ainsi un vide immense dans le monde de l’éducation des jeunes garçons québécois.  Les prêtres du Séminaire, attentifs aux signes des temps, ont accepté de transformer leur petit séminaire et de poursuivre l’œuvre du Collège des Jésuites.  Les prêtres du Séminaire qui avaient été jusque-là des missionnaires devinrent alors des prêtres éducateurs.  À partir de 1765, le Petit Séminaire, sous la gouverne de prêtres éducateurs dévoués et d’une grande compétence, devint une institution d’enseignement fleurissante dotée d’équipements pédagogiques d’avant?garde (bibliothèque, appareils scientifiques, collections de peinture, collections scientifiques de toutes sortes, etc.).

Cette transformation du petit séminaire de François de Laval fondé en 1668, qui était à l’origine un pensionnat dont l’objectif était l’éducation morale et chrétienne de jeunes gens qui recevaient leur formation générale au Collège des Jésuites jusqu’en 1760, a pavé la voie à la fondation de l’Université Laval.  En 1852, les évêques du Québec déplorant que les francophones n’aient aucune institution d’enseignement supérieur, alors que les anglophones en étaient bien pourvus, demandèrent de façon pressante au Séminaire de fonder l’Université Laval.  Après bien des hésitations, les prêtres du Séminaire acceptèrent de se lancer dans ce nouveau défi.  En 1970, les prêtres du Séminaire de Québec confiaient leur œuvre, l’Université Laval, à une nouvelle corporation et en 1987, ils faisaient la même chose avec le Petit Séminaire de Québec qui devenait le Collège François-de-Laval.

Ce bref survol historique nous montre comment le Séminaire s’est toujours laissé interpeller par les événements au cours de son histoire et a su se rendre disponible pour répondre adéquatement aux besoins de l’Église et de la société québécoise.

Aujourd’hui, même si le Séminaire a mis fin à ses missions éducatives, il poursuit sa route en demeurant attentif aux besoins de l’Église diocésaine.  La communauté du Séminaire est constituée de prêtres retraités de l’enseignement et aussi de prêtres actifs nommés par l’Archevêque pour s’affairer aux œuvres du Séminaire.  Les principales œuvres du Séminaire sont la formation des futurs prêtres, la pastorale catholique à l’Université Laval, la formation continue des prêtres et des agents et agentes de pastorales et le Centre d’animation François-de-Laval.

Fidèles à l’esprit de saint François de Laval et à leur mission première, les prêtres du Séminaire veulent demeurer attentifs aux signes des temps et disponibles, en union avec Mgr l’Archevêque, pour la poursuite de la mission diocésaine.

Jacques Roberge, ptre
Supérieur général du Séminaire de Québec