La communauté des prêtres du Séminaire de Québec

Les prêtres du Séminaire de Québec, des prêtres diocésains vivant en communauté

Supérieur général : monsieur le chanoine Jacques RobergeGrand escalier du Pavillon Jean-Olivier Briand du Séminaire de Québec (Crédit photo  H. Giguère)

Texte  non-officiel à partir des usages actuels et des Lois et règlements concernant le Séminaire de Québec

Note : Le texte des Constitutions et Règlements du Séminaire de Québec mis à jour par Mgr Camille Roy en 1938, inspiré du Règlement de Mgr Briand de 1768 et qui a été en usage jusqu’au Concile Vatican II (1962-1965) a été remplacé  par les Règlements 1 et 2 et les règles et coutumes de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec ont été adaptées sans jamais être réécrites. Le texte qui suit tente de suppléer à ce manque. Il s’ajoute aux Règlements 1 et 2 décrivant l’administration et la gestion du Séminaire conformément à la Loi du Séminaire de Québec du 17 mai 1979 et il développe surtout l’esprit et la spiritualité de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec qui n'inclut pas les personnes, prêtres ou laïques, nommées par le Visiteur depuis le 28 décembre 2014. Ces derniers ne sont membres que de la corporation "Le Séminaire de Québec". Ils ne sont pas liés par les obligations des membres de la communauté. La présentation des règles et coutumes de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec que vous avez devant les yeux est destinée aux nouveaux membres de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec et est inspirée du Rapport sur l’avenir de la communauté du Séminaire en 1984, du Rapport sur l’appartenance à la communauté du Séminaire en 2006, des échanges et décisions du Conseil du Séminaire en 2008, 2009 et 2010 confimées par les Assemblées générales.

Mise à jour : 6 janvier 2015. Texte non-officiel

Patronne principale : la Sainte Famille
Second patron : saint François de Sales


ORIGINES ET HISTOIRE

Le Séminaire de Québec a été fondé le 26 mars 1663 par saint François de Laval (1623-1708), premier évêque de Québec et apôtre de l'Amérique. Saint François de Laval érige un "Séminaire pour servir de Clergé à cette nouvelle Église". Celui-ci devient à la suite de son union avec le Séminaire de Missions-Étrangères de Paris, le 19 janvier 1665, le «Séminaire des Missions-Étrangères établi à Québec sous le vocable de la Sainte Famille», gouverné conformément aux règles et constitutions du Séminaire des Missions-Étrangères de Paris. C'est ainsi que les membres du Séminaire de Québec se sont consacrés pendant tout le Régime français au service des paroisses comme missionnaires sur les bords du St-Laurent, du Mississippi, en Acadie et comme formateurs des futurs prêtres.

Lors de leur fondation, les prêtres du Séminaire prenaient en charge le Grand Séminaire, leur œuvre première et principale, puis en 1668, ils ouvraient un Petit Séminaire pour la préparation des candidats à la prêtrise. Après la Conquête anglaise, en 1765, pour prendre la relève du Collège des Jésuites devenu caserne de soldats, les prêtres du  Séminaire transformèrent leur Petit Séminaire en collège-séminaire c'est-à-dire une institution qui accueille à la fois des candidats à la prêtrise et des jeunes gens qui, grâce à leurs études et leur formation solide, deviendront aptes à prendre des responsabilités dans la société. En 1852, ils reçurent de la reine Victoria une Charte royale leur permettant de fonder, à la demande des évêques du Canada, la première université française et catholique en Amérique du Nord : l'Université Laval.

Dans son histoire récente, le Séminaire de Québec, en 1970, confiait l'Université Laval à une nouvelle entité corporative et, en 1987, il faisait la même chose avec le Petit Séminaire de Québec. En 1977, il prenait en charge la Maison François de Laval, centre de vocation; en 1994, à la suite d'une demande de la part de Mgr Couture, archevêque de Québec à ce moment, il acceptait le mandat de s'occuper de la formation continue des prêtres, des diacres permanents, des agentes et des agents de pastorale laïques dans le diocèse en collaboration avec le Service des ressources humaines en pastorale du diocèse de Québec et en 2011, ils reconnaissaient la pastorale universitaire catholique à l'Université Laval où ils étaenit impliqué depuis 2006 comme une œuvre propre.


NATURE ET SPÉCIFICITÉ

Après la Conquête anglaise, le Séminaire de Québec a dû alors se séparer de sa maison-mère, le Séminaire des Missions-Étrangères de Paris, et s'en remettre pour sa survie à Mgr Jean-Olivier Briand, nouvel évêque de Québec, qui, par un mandement en date du 22 août 1768, le reconnut officiellement en lui donnant un règlement particulier révisant ceux de 1683 et de 1690 pour l'adapter aux nouvelles circonstances. Ce règlement, dont l'intitulé se lit comme suit: « Règles établies pour les Supérieurs et Directeurs officiers et associés du Séminaire des Missions Étrangères et Épiscopal de Québec avec l'approbation de l'Illustrissime et Révérendissime Monseigneur Jean Olivier Briand, évêque de Québec », crée un lien diocésain où l'évêque devient le protecteur et le supérieur majeur de la communauté. C'est ce règlement dit «Règement de Mgr Briand» qui, avec certaines modifications, notamment en 1928 et en1940, perdura jusqu'au Concile Vatican II.

L'incorporation civile du Séminaire de Québec par la Loi du Séminaire de Québec le 17 mai 1979 actualise ses lettres de fondation et ses règlements et crée une personnalité juridique nouvelle pour la corporation « Le Séminaire de Québec ». La communauté de prêtres est à la source de cette reconnaissance, mais n’a pas comme telle de personnalité juridique. Elle se confond avec la corporation depuis lors. Et depuis le 28 décembre 2014, la corporation inclut une personne laïque qui en est membre de plein droit, sans être réputée membre de la communauté.

La communauté du Séminaire est donc constituée d’un groupe de prêtres diocésains qui partagent un esprit commun, un héritage propre et des biens dont saint François de Laval l’a dotée pour accomplir son œuvre et que la corporation « Le Séminaire de Québec » administre et gère sous l’œil de l’Archevêque de Québec qui en est le «Visiteur».

Le Séminaire de Québec a eu à cœur de conserver depuis les origines l’esprit et le charisme hérité du fondateur saint François de Laval. Après le concile Vatican II (1962-1965), en 1966, lors de la seconde retraite pour l'aggiornamento du Séminaire de Québec à Cap-Rouge, le cardinal Roy le rappelait aux prêtres du Séminaire en déclarant: «Vous formez donc une grande communauté avant d'être le Petit Séminaire ou d'être le Grand Séminaire; vous êtes d'abord du Séminaire de Québec. Et c'est déjà quelque chose d'assez intéressant, d'assez original: un peu comme les Sulpiciens, un peu comme une province de religieux, vous êtes une grande communauté de prêtres.»

LA COMMUNAUTÉ DES PRÊTRES DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC

La présence d'une communauté de prêtres diocésains au sein du presbyterium, exige non seulement que chacun de ses membres trouve pour lui-même les motifs pastoraux de son appartenance, mais aussi que la communauté propose des objectifs de service pour tous ses membres.

La vitalité et le développement de la communauté reposent sur une révision constante des motifs qui l'incitent à maintenir et modifier ses œuvres ou à établir de nouvelles œuvres en vue de répondre adéquatement à des besoins urgents ou permanents de l'Église.

Étant donné la situation nouvelle que connaît l'Église, la vie communautaire, avec ses dimensions spirituelle, sociale, affective, professionnelle, est non seulement chose possible et désirable, mais est un moyen privilégié pour «servir ensemble» sous le même Seigneur, dans la même Église.

En résumé, la communauté des prêtres du Séminaire de Québec est 1) un groupe stable 2) auquel appartiennent des prêtres diocésains, 3) nommés par l’Archevêque de Québec, 4) pour une période donnée ou en permanenceb 5) qui se reconnaissent dans la mission du Séminaire de Québec, 6) qui acceptent de s’associer entre eux pour réaliser cette même mission 7) et pour se donner des moyens d’entraide pour leur vie professionnelle, affective et presbytérale.

LES MEMBRES DE LA COMMUNAUTÉ

La communauté est composée de prêtres diocésains du Diocèse de Québec. L'Archevêque de Québec en est le Visiteur et il nomme, après consultation des membres de la communauté, un Supérieur général auquel il confie la responsabilité de la communauté. Celui-ci est entouré d'un Conseil dont les membres élus, cooptés ou "ex officio" sont agréés par l'Archevêque et membres de la corporation « Le Séminaire de Québec ».

Les membres de la communauté du Séminaire le deviennent à la suite d'une nomination de l'Archevêque dans une des oeuvres du Séminaire ou dans un poste au service du Séminaire. Ils sont membres à part entière de la communauté soit pour une période déterminée soit de façon permanente. Les premiers sont désignés par le terme membres auxiliaires et les seconds par celui de membres agrégés.

LES MEMBRES AUXILIAIRES

Les membres auxiliaires, bien que n'étant pas agrégés, participent à l'œuvre du Séminaire et peuvent être un jour éligibles à l'agrégation. Ils sont membres à part entière de la Corporation du Séminaire de Québec et, à ce titre, jouissent des mêmes droits. Cependant, ils ne participent pas aux assemblées convoquées pour étudier une demande d'agrégation.

LES MEMBRES AGRÉGÉS

L’agrégation est un engagement bilatéral accepté par l'Archevêque entre un prêtre et la communauté du Séminaire de Québec: d’une part, un prêtre accepte de consacrer son activité sacerdotale et professionnelle à l’œuvre du Séminaire, d’autre part, le Séminaire fournit au prêtre les moyens de développer sa vie sacerdotale et professionnelle et lui assure la stabilité et un revenu convenable. Ils sont membres à part entière de la Corporation du Séminaire de Québec.

Le prêtre agrégé doit: * a) avoir le désir de parfaire sa culture et, à cette fin, s’astreindre aux rigueurs du travail intellectuel et même accepter un retour aux études ; * b) développer les qualités de présence, de disponibilité et de dévouement ; * c) apporter sa collaboration au maintien et au développement de la vie communautaire du Séminaire.

Le Séminaire doit: * a) encourager et faciliter le retour de ses prêtres aux études (année sabbatique, cours spéciaux, etc.) et leur fournir les moyens de développer leur vie sacerdotale ; * b) procurer à ses prêtres un revenu qui soit convenable ; * c) garantir à ses prêtres l’appartenance permanente à la communauté

LES MEMBRES ASSOCIÉS

Depuis le 8 décembre 2011, la communauté du Séminaire de Québec s’est enrichie de « membres associés ». Ils ne peuvent être membres du Conseil du Séminaire, puisqu’ils ne sont pas membres de la Corporation "Le Séminaire de Québec". Le membre associé est une personne dont le ministère et les engagements sont en affinité avec la mission de la communauté des prêtres du Séminaire et à qui le Conseil du Séminaire offre de participer aux activités et aux ressourcements spirituels de la communauté.

Le 28 décembre 2014 a vu un virage important dans l’histoire du Séminaire de Québec avec l'entrée de personnes autres que les membres de la communauté des prêtres dans la corporation "Le Séminaire de Québec" qui est l'instrument juridique au service de la mission du Séminaire. Il s'agit de personnes nommées par le Visiteur, conformément à la Loi du Séminaire de Québec article 4, membres de la corporation "Le Séminaire de Québec". Ces personnes peuvent être des prêtres ou des laïques et elles sont uniquement membres de la corporation "Le Séminaire de Québec" en raison de leurs engagements dans l'administration, la gestion ou le rayonnement du Séminaire de Québec. Ces personnes peuvent être membres du Conseil du Séminaire. Leur participation se limite aux activités et engagements corporatifs. Du fait de leur statut de membre de la corporation, ces personnes ne sont pas obligées de participer à la vie de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec, sauf en de rares occasions.

SPIRITUALITÉ ET VIE COMMUNAUTAIRE

La communauté se rassemble régulièrement pour des rencontres communautaires et des célébrations comme celle de la Journée annuelle de ressourcement à chaque automne, celle du Voeu de l'Immaculée (depuis 1665), celle de l’anniversaire de la fondation du Séminaire, celle de la fête de son fondateur le 6 mai, celle de son second patron saint François de Sales ou celle de l'ouverture officielle de Petit Cap en juin.

La spiritualité des membres du Séminaire qui sont prêtres n'est autre que celle d'un prêtre diocésain avec un accent sur la vie communautaire et sur l'évangélisation inspirée du fondateur saint François de Laval dont la vie et la spiritualité continuent de les inspirer.

L'esprit que saint François de Laval a voulu donner au Séminaire de Québec pourrait se résumer par les mots "service", "partage", "soutien mutuel" et "proximité avec l'Évêque".

Sans considérer ses prêtres comme des religieux, saint François de Laval tenait à ce que les prêtres de son diocèse, bien qu'appartenant au clergé diocésain, soient marqués d'un esprit missionnaire. Ils se rendaient dans les paroisses pour l'exercice de leurs charges et de leur ministère, mais pour qu'ils ne soient pas laissés seuls et pour qu'ils puissent toujours bénéficier d'un support et d'un soutien fraternels tangibles, ils étaient rattachés à la communauté du Séminaire. Ils trouvaient ainsi en la résidence principale du Séminaire, où demeurait l'Évêque, une maison, comme un chez soi, où ils pouvaient être accueillis à leur retour de mission ou en tout temps, un lieu où ils pouvaient se reposer, être soignés si nécessaire, et une vie de partage où s'exerçait une certaine mise en commun des biens en fonction des besoins et pour le bénéfice de tous et de chacun.

Cette manière de vivre le ministère presbytéral et d'organiser le ministère est valable encore aujourd'hui. L'esprit qui a présidé à la fondation du Séminaire de Québec inspire encore les membres du Séminaire de Québec au coeur des besoins qui se font jour dans la culture qui est nôtre, dans l'Église et dans la société. Marchant dans les traces de leurs devanciers, les membres du Séminaire de Québec partagent et mettent en commun leurs attentes et leurs projets, ils développent le soutien fraternel et l'audace apostolique, ils regardent en avant remplis d'espérance et de confiance.

Dernière mise à jour 6 janvier 2015