Homélie - Baptême du Seigneur B 2020

Homélie
2021/01/06
Homélie - Baptême du Seigneur B 2020

Fête du Baptême du Seigneur B 2020

Homélie
(Is 55,1-11 ; Ps 12 ; 1 Jn 5,1-9 ; Mc 1,7-11)

Le baptême de Jésus dans le Jourdain par Jean le Baptiste ! On peut lire, dans chacun des quatre évangiles, le récit de cet événement qui marque le début de la vie publique de Jésus. Il faut donc penser que ce premier geste public de Jésus fait revenait souvent dans la prédication des apôtres et aussi dans ce qu’on se disait à ce propos dans les communautés chrétiennes des premières décennies. Si on lit ces quatre récits, l’un à la suite de l’autre, on constate qu’ils sont différents, chaque évangéliste présentant cette démarche de Jésus à sa manière en insistant sur tel ou tel point.

Comme, cette année, la liturgie va nous faire lire, d’un dimanche à l’autre, l’Évangile de saint Marc, il est bon de souligner que c’est par ce récit qu’il le fait commencer. Si on va lire les quelques versets qui précèdent le texte lu aujourd’hui, on remarque que les tout premiers mots de son Évangile sont : Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est intéressant de savoir que saint Jean termine son Évangile par les mêmes mots : Ce livre a été écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu. On sait que saint Marc est le premier à avoir écrit un Évangile, vers l’an 70, alors que saint Jean est le dernier, vers l’an 100. C’est donc comme si l’ensemble des quatre Évangiles était encadré par cette affirmation qui résume la prédication des Apôtres, qui est au cœur de la foi chrétienne : Jésus est le Christ, le Fils de Dieu.   

Saint Marc tient, à présenter Jésus comme étant, dès le début de son ministère, le Christ, le Fils de Dieu. Pour lui, avant son enseignement, ses miracles, sa montée à Jérusalem, sa mort sur la croix, la mission de Jésus ne peut être comprise qu’à la condition de reconnaître en lui le Christ, le Fils de Dieu. Le mystère de la personne de Jésus, l’authenticité de sa mission sont confirmés lors de son baptême par la voix du Père et la présence de l’Esprit Saint. Pour saint Marc, c’est la Bonne Nouvelle à annoncer et une Bonne Nouvelle qui va déranger tellement de monde, et pas seulement en Galilée et à Jérusalem. Le mystère de Jésus de Galilée sera proclamé partout et jusqu’à maintenant, et il est certain qu’elle ne cessera pas d’être annoncée.   

Ce doit être pour cela que la liturgie a donné comme nom à cette fête d’aujourd’hui, non pas le Baptême de Jésus, mais bien plutôt le Baptême du Seigneur. Les Évangiles commencent et se terminent en affirmant que celui dont ils parlent, Jésus, cet homme de Galilée, est le Christ, le Fils de Dieu, le Seigneur, l’Emmanuel, Dieu-parmi-nous, celui qui est au coeur de notre vie, de notre foi, celui que nous venons rencontrer dans cette Eucharistie, en ce jour qui lui est consacré, le dimanche, le jour du Seigneur, cela depuis sa résurrection, depuis Pâques. L’Évangile de saint Marc, que la liturgie va nous faire proclamer tout au long de cette année, commence en annonçant, en tout premier lieu, ce mystère qui identifie les chrétiens face aux croyants de toutes les autres religions, la foi en la Trinité, un seul Dieu en trois personnes. S’adressant aux chrétiens, aux baptisés de son époque et peut-être d’abord aux gens de la ville de Rome, donc à des païens, saint Marc ose leur faire connaître, dès le début de son Évangile, comment on devient chrétien, chrétienne, disciple de Jésus, par le baptême au nom du Père, du Fils, de l’Esprit.

Ce qu’écrivait saint Marc, n’est-ce pas ce qu’écrivait aussi saint Jean dans sa première lettre, que la liturgie nous fait lire en cette fête du baptême du Seigneur. Bien-aimés, c’est à nous que ces paroles sont dites, des paroles fort agréables à entendre : Bien-aimés, celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. … Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu.Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité. … Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui, celle qui croit que Jésus est le Fils de Dieu. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit. Il faut retenir ces paroles, c’est ce qui, au lendemain de Pâques et de la Pentecôte, a lancé les apôtres sur les routes du monde. Puis ceux et celles qui ont fait comme eux, ceux et celles qui les ont suivis jusqu’ici, au cœur de ce pays, puis jusqu’à nous, puis ceux et celles qui vont prendre la suite.

C’est là l’Évangile, la Bonne Nouvelle, croire que Jésus est le Fils de Dieu, son Père et notre Père, nous laisser guider par l’Esprit Saint, celui qui fait de nous ces témoins d’aujourd’hui, dans nos familles, nos communautés, nos milieux. Habités par cette certitude qu’est la foi, cette certitude que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, éclairés et guidés par la lumière et la force de l’Esprit, les apôtres ont été les vainqueurs d’un monde bien plus païen que le nôtre. C’est sûrement ce qui a fait dire à saint Pierre dans sa première lettre, des paroles qui n’ont jamais cessé d’être actuelles, que tout baptisé doit garder dans sa mémoire et son cœur de disciples du Seigner : Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect. Que les dons de l’Esprit, reçus lors de notre baptême et de notre confirmation, nous gardent capables, aujourd’hui et dans le monde qui est le nôtre, de défendre l’espérance qui nous habite. Venus célébrer l’Eucharistie, ne sommes-nous pas, nous aussi, de ceux et celles qui croient et osent affirmer, en paroles et en actes, que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et aussi le Chemin, la Vérité, la Vie.

Marc Bouchard, prêtre

mbouchard751@gmail.com