Cet article de Michel Vastel, dans le Journal de Québec de samedi le 12 janvier 2008 pose de bonnes questions et relève avec à propos le témoignage de foi de l'ex-président d'Hydro Québec, André Caillé. Bonne lecture.
Quand le ciel leur tombe sur la tête, à qui pensent les Québécois? Au bon Dieu évidemment! Que ceux qui ne l'ont jamais prié au moment des catastrophes naturelles, (tempête du verglas, inondations au Saguenay, tremblements de terre) lèvent la main.

Il y a dix ans, au plus fort de la crise du verglas, le tout-puissant président d'Hydro-Québec avoue lui-même s'être mis à prier: «J'ai regardé le ciel et je Lui ai dit, à Lui, en haut: Arrête ça, on n'en peut plus. On est au bout de nos moyens...» Et pour qu'on ne se méprenne pas, André Caillé a précisé à la radio de Radio Canada: «C'est vrai que je l'ai fait. Oui, je suis croyant. Je m'adressais à Quelqu'un qui pour moi existe réellement. J'ai prié. Je prie, moi...»
Admettez que cet aveu du grand commis de l'État québécois n'est pas commun tout de même ! L'ancien chef libéral, Claude Ryan, avait dit lui aussi qu'il s'en remettait à Dieu dans les moments de graves décisions. Il s'était fait ridiculiser. Mais la profession de foi du président d'Hydro Québec n'a pas soulevé de protestations parmi les radicaux du Mouvement laïque. Aucun rabbin ni imam ne s'est plaint que l'électricité qui éclaire sa synagogue ou sa mosquée soit impie. Et, que je sache, aucun pontife de la presse nationale n'a ridiculisé le pieux personnage. C'est comme si le col roulé d'André Caillé s'était transformé en auréole!
Surprenante cette anecdote alors qu'il est de bon ton, en certains milieux, de taper sur la religion - catholique surtout. Il y a comme une rage, chez certains, de s'en prendre au cardinal Marc Ouellet - archevêque de Québec - qui l'a bien cherché, au pauvre curé Raymond Gravel - député du Bloc - qui n'en demande pas tant, au chef de l'Action démocratique Mario Dumont qui ne le mérite pas, et aux pauvres dames patronnesses des associations catholiques de toutes sortes. Une mode, vous dis-je!
Les antéchrists
Prudents, ces antéchrists ne s'en prennent pas aux juifs ni aux musulmans. Pourquoi ne se paie-t-on pas la traite d'un imam? Ou d'un grand rabbin? Pourquoi ne blasphème-t-on pas le nom de Allah, le Dieu des musulmans, ou celui de Yahvé le Dieu des juifs ? J'avoue que c'est pour moi un grand mystère. Si on veut jouer les anticléricaux, qu'on le soit pour tous les clercs.

Jacques Grand'Maison qui, je l'espère, aura droit au respect des chroniqueurs de la génération des Cégeps, fait remarquer dans son dernier livre Pour un nouvel humanisme' (Fides): «Il y a des préjugés antireligieux doublés d'ignorance aussi déraisonnables que des croyances aveugles. Ce laïcisme a un je ne sais quoi d'intégrisme à l'envers qui contredit son discours de liberté, de tolérance, de dialogue et d'ouverture aux autres...»
Je souhaite que tous les détracteurs de la religion catholique consacrent leur talent de pamphlétaires à dénoncer toutes les religions. Car je me méfie autant des intégristes des mosquées et des synagogues que des grenouilles de bénitier. Et si, par conformisme, on n'est pas prêt à dire du mal des musulmans et des juifs, qu'on n'en dise pas non plus des catholiques, qu'on les laisse en paix et qu'on milite dans le Mouvement laïque pour compenser... Celui-ci se cherche désespérément des membres!
Notes biographiques sur Michel Vastel
Michel Vastel est journaliste pigiste dans la revue l'Actualité et au Journal de Montréal.
M. Vastel a dabord travaillé au gouvernement du Québec et au Conseil du patronat avant de reprendre son métier de journaliste uccessivement au Devoir, à La Presse et maintenant au Journal de Montréal comme chroniqueur. Il est en outre collaborateur régulier du magazine Lactualité pour les affaires canadiennes. En poste à Ottawa pendant 17 ans, il sest installé en 1995 à Montréal. Il poursuit sa chronique sur la politique du pays, portant une attention particulière à lactualité politique des capitales provinciales du Canada anglais. Auteur dun premier livre, Le Neveu, en 1987, Michel Vastel a également écrit quatre biographies de premiers ministres Trudeau le Québécois en 1989, Bourassa en 1991, Lucien Bouchard, en attendant la suite
en 1995, Landry, le grand dérangeant en 2001 et Nathalie Simare en 2005. Lire sont commentaire sur la religion et la politique sur son blogue le 11 janvier 2008On peut lire son blogue en tapant ici
Notes biographiques sur André Caillé
André Caillé est administrateur de sociétés.
Monsieur André Caillé a été président et chef de la direction dHydro-Québec de 1996 jusquà 2004. Après avoir obtenu un doctorat en physicochimie de lUniversité de Montréal en 1968, il a été professeur et coordonnateur à lInstitut national de la recherche scientifique jusquen 1974. Par la suite, il a oeuvré dans le domaine de lenvironnement; il fut sous-ministre de lenvironnement du Québec jusquen 1982. Cette année-là, il passe chez Gaz Métropolitain où de 1987 à 1996 il occupera le poste de président et chef de la direction. En novembre 2001, lInstitut dadministration publique du Québec lui a attribué le Prix Pierre Decelles pour souligner lexcellence de sa gestion et son influence dans ladministration publique québécoise. En 2003, M. Caillé est devenu chancelier de
luniversité de Montréal qui lui avait décerné un doctorat honoris causa en mai 2002.M.Caillé siège sur plusieurs conseils dadministration
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L'existence de Dieu est une question oubliée dans la philosophie contemporaine. Ne pas la poser va-t-il de soi? L'abandon de cette interrogation marque un appauvrissement et a tout à voir avec une transformation de la notion d'existence. Les réflexions de Jean Grondin, professeur à l'Université de Montréal, auteur spécialiste de la philosophie allemande et de l'histoire de la métaphysique sont des plus stimulantes. Les livres du professeur Grondin sont traduits dans une dizaine de langues.
Il fut un temps où les philosophes n'avaient pas de souci plus pressant que de traiter de l'existence de Dieu. La question a tenu en haleine les plus grands esprits, Aristote, Cicéron, Augustin, Thomas d'Aquin, Descartes, Spinoza, Kant, Hegel et tant d'autres, mais elle est un peu disparue de nos débats philosophiques. Il est permis d'y voir un appauvrissement. Aujourd'hui, on demande aux philosophes de se justifier en montrant que leurs idées permettent d'éclairer tel ou tel problème politique ou social qui agite les manchettes.
Il se pourrait qu'on confonde ici la philosophie avec la science politique ou le journalisme (digne profession, par ailleurs). La philosophie ne peut guère se justifier qu'en étant elle-même, donc en demeurant fidèle à ses interrogations fondamentales.
La question de l'existence de Dieu en fait partie. Ici, le terme le plus difficile, le plus mécontemporain, est sans doute celui de Dieu. Or, par déformation philosophique, je me concentrerai sur le premier, l'existence, qui sera le terme le moins problématique pour le commun des mortels. (C'est pourquoi je n'aborderai pas du tout ici le débat assez malheureux, mais très ancien, sur l'intelligent design.)
Le triomphe du «nominalisme»
C'est que la plupart des esprits, pour peu qu'ils y réfléchissent, s'entendront sans peine sur le sens à donner à la notion d'existence: exister, c'est être plutôt que de n'être pas, c'est-à-dire survenir réellement dans l'espace, existence qui se laisse attester par nos sens. Cette table ou ce journal existent, par exemple, parce qu'ils sont là devant moi, observables, etc. On ne le sait pas toujours, mais c'est là une conception bien particulière, et relativement récente, de l'existence, qu'on peut qualifier de nominaliste. Pour le nominalisme n'existent que des réalités individuelles, matérielles, donc perceptibles dans l'espace et dans le temps.
Ainsi, pour le nominalisme, les tables et les pommes existent mais les licornes ou le père Noël n'existent pas, ce sont des «fictions». Pour lui, les notions universelles n'existent pas non plus, ce ne sont que des noms (d'où l'appellation de «nominalisme»), des inventions servant à désigner un ensemble d'individus possédant telle ou telle caractéristique commune, individuellement perceptible.
C'est là une conception de l'existence si évidente, qui détermine de façon si puissante notre pensée, que nous oublions tous qu'il s'agit d'une conception bien particulière de l'existence, celle qui accorde la priorité exclusive de l'être à l'existence individuelle et contingente.
Il est au moins une autre conception de l'être qui est plus ancienne et contre laquelle la conception nominaliste s'est patiemment élaborée. Au vu de la conception moderne et nominaliste, c'est une conception qui paraîtra bizarre au possible, a fortiori à notre époque. C'est la conception qui comprend l'être non pas comme existence individuelle mais comme manifestation de l'essence, dont l'évidence est première. L'essence est ici première! Cela nous paraît incongru parce que, pour nous, l'essence est seconde, elle se surajoute, «par abstraction», à l'existence individuelle.
Or cette conception était celle des Grecs, de Platon notamment, pour qui l'individuel possède une réalité de second degré. Il est effectivement second par rapport à l'évidence combien plus éblouissante de l'essence (ou de l'espèce, car il s'agit du même terme en grec: eidos) qu'il représente: ainsi, par exemple, un être humain ou une chose belle n'est qu'une manifestation (bien éphémère!) d'une essence (ou d'une espèce). L'essence, comme son beau nom l'indique bien (esse), renferme l'être le plus plein parce que le plus permanent.
Cette conception qui nous paraît si insolite a pourtant porté la pensée occidentale jusqu'à la fin du Moyen Âge. Elle fut critiquée par les auteurs qu'on a appelés nominalistes, dont Guillaume d'Occam (fin XIIIe-1350). Assez ironiquement, sa motivation était avant tout théologique: c'est qu'il estimait que la toute-puissance de Dieu, dont le Moyen Âge tardif avait une vive conscience, paraissait incompatible avec un ordre d'essences éternelles qui viendrait en quelque sorte la limiter.
Si Dieu est tout-puissant, il peut à tout moment bouleverser l'ordre des essences, faire en sorte que l'homme puisse voler, que les citronniers produisent des pommes, etc. Pour Occam, les essences ne sont donc que des noms et succombent à son proverbial rasoir.
Cette conception fut contestée à son époque (entre autres parce qu'elle apparaissait incompatible avec le dogme de l'eucharistie, où la transformation de l'essence est cruciale), mais elle a fini, lentement mais sûrement, par triompher dans la modernité, au point d'éclipser totalement l'autre vision de l'existence.
Ainsi n'existent plus pour la modernité que des entités individuelles et matérielles. Connaître ces réalités, ce n'est plus connaître une essence (car elle existe de moins en moins) mais repérer des régularités ou des lois au sein des réalités individuelles, posées comme premières (même si, pour un Newton, voire pour Einstein lui-même, connaître les lois mathématiques du monde, c'était encore entrapercevoir l'essence divine: «J'affirme que le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de la recherche scientifique», affirma Einstein).
Cette conception de l'existence pénètre de part en part la science de la modernité, et il n'est pas surprenant qu'elle ait dominé sa pensée qu'on peut dire «politique», où la prééminence de l'individu s'impose de plus en plus comme la seule réalité fondamentale. Dire que nous vivons dans une société de plus en plus individualiste est la plus triviale banalité du monde. C'est que dans un tel contexte, celui de la modernité, il va de plus en plus de soi que toutes les essences, donc toutes les réalités plus universelles, sont devenues problématiques. On parle depuis peu d'«identité» pour tenter de sauver ces solidarités plus universelles, mais il va de soi, pour le nominalisme ambiant, qu'elles sont secondes et improbables. Il s'agit en fait d'un diaphane souvenir de l'essence qui semble irrémédiablement perdue.
De la science au nominalisme
Ce nominalisme va bien sûr de pair avec l'attention que la science moderne prête à ce qui est immédiatement constatable. Les concepts et les idées qui intéressaient la science traditionnelle sont tous devenus douteux et seconds. Même les sciences humaines, devenues «sociales» dans la foulée de ce processus, ont besoin de positivités individuelles et spatialement observables.
C'est que les idées ne sont plus des manifestations de l'être mais des «faits de société» dont on imagine qu'ils peuvent faire l'objet d'une observation empirique. On calque ici sur les sciences humaines une conception de l'être très évidemment empruntée aux sciences de la réalité physique (à laquelle se réduit désormais tout être). Je n'ai pas l'espace ici pour aborder toutes les implications scientifiques et politiques de cette conception. (Il va de soi, par exemple, que le phénomène du nihilisme trouve sa racine dans le nominalisme.)
Je me contenterai de revenir à mon thème de départ, celui de l'existence de Dieu. C'est une lapalissade de dire que l'existence de Dieu doit nécessairement faire problème dans un cadre nominaliste: Dieu existe-t-il comme une pomme ou une fourmi? Assurément, non. Donc, Dieu n'existe pas pour la modernité, et s'il existe encore dans les croyances, ce n'est justement, pense-t-on, que comme la fiction à laquelle certains individus restent attachés en raison de leurs origines ou de leurs angoisses. La foi n'est plus ici qu'une «attitude» individuelle et subjective, donc problématique.
Mais cela est aussi vrai de toutes les convictions fondamentales, dont on parle depuis peu, empruntant un vocable à l'économie du XIXe siècle, en termes de «valeurs». Entendons: elles valent, c'est-à-dire qu'elles sont rentables, pour tel et tel sujet. Mais cette valeur ne renvoie plus à rien d'objectif. C'est une des conséquences de l'empire du nominalisme.
La conception qui faisait de l'être une manifestation de l'essence, aussi étrange puisse-t-elle paraître, n'avait pas ces difficultés. Car c'est là un phénomène qui ne manque pas de frapper celui qui s'intéresse au phénomène religieux: c'est que l'existence de Dieu n'y fasse jamais problème. Je ne suis pas sûr de connaître des textes de l'Ancien ou du Nouveau Testament, ou du Coran, où l'existence de Dieu fasse réellement problème, où, par exemple, la question de Thomas d'Aquin, «an sit Deus?», «est-il un Dieu?», ait sérieusement été posée. Elle l'est peut-être ici ou là (dans le Psaume de l'insensé, par exemple) mais n'est nullement centrale.
Cela est plus saisissant encore dans la «religion» grecque: il y a des dieux, car il y a partout des manifestations de l'essence divine. Il s'agit, aimerais-je dire, de l'expérience première de l'être. Elle est si évidente que la question du rapport aux dieux ne se pose jamais, pour les Grecs de l'époque classique, en termes de «croyance». Certes, les spécialistes modernes se posent parfois la question à savoir si les Grecs «croyaient» en leurs dieux, mais ils plaquent sur les Grecs leur vocabulaire nominaliste et moderne.
Un autre indice en est que les Grecs ne se sont jamais interrogés sur l'existence effective d'Ulysse ou de la guerre de Troie, autour desquels gravitaient leurs épopées, alors qu'il s'agit pour l'observateur moderne de questions primordiales (et qui nous empêchent sans doute de comprendre de quoi il y est question). Il faut croire que les Grecs avaient d'autres priorités: il s'agissait pour eux de puissantes manifestations de l'être et du divin. La conception nominaliste de l'être n'existait pas vraiment.
La foi n'est pas un choix
La question du christianisme est intrigante ici. C'est qu'à la différence des Grecs, et dans la continuité du judaïsme, il accorde une plus grande place à la foi, par laquelle nous sommes sauvés, dit même saint Paul. Mais comment comprendre cette foi? C'est là une tâche difficile, surtout pour nous, modernes, qui associons la foi à une forme faible et inférieure de savoir qui relèverait d'un «choix personnel».
Peut-on dire que la foi (pistis) dont il est question dans les textes bibliques relève vraiment d'un choix personnel de l'individu tout-puissant? Ce n'est guère le sentiment qu'on a en lisant ces textes. La foi désigne plutôt un «se tenir» dans l'évidence de l'essence divine, un «se savoir» enveloppé de sa fidélité, qui n'a rien à voir avec un choix qui serait le nôtre.
L'imperfection du nominalisme
Il est un dernier phénomène qui m'intéresse ici, celui de la religion. Assez ironiquement, la modernité y accorde beaucoup d'importance. Or chacun sait que c'est un terme qui n'existe pas en grec. On peut bien sûr, si on y tient, parler de la religion des Grecs, mais les Grecs ne le faisaient pas.
C'est qu'il n'y avait pas, pour eux, une sphère de leur existence qui relevait en propre de la croyance. Les dieux étaient partout, si bien que le rapport à eux ne s'exprimait jamais en termes de «religion».
À ma connaissance, le Nouveau Testament, écrit en grec, n'en parle pas non plus. Et un auteur aussi tardif que Thomas d'Aquin, bien que marqué par le nominalisme, reconnaîtra à la religion un statut assez régional dans une lointaine section de sa Somme: la religio se limite chez lui aux exercices de dévotion de l'homme envers le divin (la prière, par exemple).
Nous sommes ici bien loin d'une conception nominaliste de l'être. Pour elle, la religio fait évidemment problème car elle ne renvoie littéralement à rien, à rien d'assignable. Comment étudier alors la religion? On l'étudie, conformément à la conception nominaliste de l'être, par son seul côté observable: en analysant ses pratiques dans les diverses sociétés, donc sociologiquement.
Mais il se pourrait alors qu'on passe à côté de son essence. Sa puissante survivance dans nos sociétés contemporaines (81 % des Canadiens et des Québécois se disent croyants), si désarçonnante pour les philosophes, a le bonheur de nous rappeler que la conception nominaliste de l'être n'est peut-être pas la seule.
Ces réflexions sont parues dans le journal Le Devoir du samedi 12 janvier et dimanche 13 janvier 2008
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Grand succès de la deuxième encyclique de Benoît XVI intitulé "Spe Salvi" en français"Sauvés par l'espérance". Jusqu’ici un million cent mille exemplaires de la version italienne ont été vendues.
La seconde encyclique du pape Benoît XVI "Spe salvi" a été rendue publique le 30 novembre 2007. Le pape l'a signée dans la Bibliothèque du Palais Apostolique à 11h et il l'adresse aux évêques, aux prêtres et diacres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs. Dans le prolongement de "Deus caritas est", le pape veut ramener les catholiques aux fondements de la foi.
Pour le texte complet de l'Encyclique "Spe Salvi" cliquez ici
Le directeur de la Maison dEdition du Vatican, le Père Giuseppe Costa, se dit surpris du succès éditorial de ce texte du Pape sur lespérance:
Les ventes de lencyclique.. dirais-je.. sont étonnantes. En comparant cette encyclique avec la précédente , nous avons vendu le même nombre de copies en un même nombre de jours. Pourtant il ny a pas eu de préparation sur le marché .. il ny a pas eu de promotion, de propagande, car comme on le sait lencyclique Spe Salvi est arrivée à limproviste.. cétait une surprise
Ce salésien, professeur de communication, explique dans les nouveaux bureaux de la maison dédition que les livres du Pape suscitent beaucoup dintérêt et révèle que les jeunes sont de grands lecteurs de Benoît XVI:
Ah ça pour le lire .. ils le lisent .. ils le suivent parce quils voient en lui un père, un guide
cest également limpression que lon a quand on parle avec eux .. peut-être que nous adultes, ceux de la génération des plus de cinquante ans, sommes plus habitués à distinguer, à critiquer, mais les jeunes , eux, ceux de vingt ans, sont loin de certains schémas que nous pouvions avoir il y a encore quelques années .
Extrait d'une nouvelle parue sur le site internet de l'agence H2Onews le 11 janvier 2008 complétée par le webmestre.
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Le message écologique de Benoît XVI, par le P. Lombardi dans le Message 2008 pour la paix à l'occasion de la Journée pour la Paix du 1 janvier 2008.
« Il faut une alliance entre foi et raison », rappelle le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, dans sa présentation, à Radio Vatican, du contenu « écologique » du message 2008 de Benoît XVI pour la paix, où la question écologique tient une bonne place.
Se mobiliser
Dans le message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2008, célébrée le premier jour de l'année, la thématique écologique est soulignée de façon décisive. Le pape ne cache pas sa préoccupation pour la spoliation de leur environnement subi par de nombreuses régions de la planète du fait de l'action de l'homme, et d'une façon qui compromet sérieusement l'écosystème. A partir de cette prise de conscience, le pape invite les hommes de toutes les latitudes à se mobiliser pour défendre la terre, « maison commune » de l'humanité (cf. Zenit du 12 décembre 2007).
Préoccupations croissantes
C'est d'abord cette expression que souligne le P. Federico Lombardi, en disant : « Percevoir la planète comme la maison commune' : c'est à cette conscience et à cette responsabilité pour notre planète que Benoît XVI invite chacun dans son récent message pour la Journée mondiale de la paix. C'est un sujet qui revient plus fréquemment dans les paroles du pape, en accord avec les préoccupations croissantes de l'humanité pour l'environnement ».
Appauvrissement irréparable
Et de préciser à propos du rapport entre pays riches et pauvres, du point de vue de l'écologie : « Jusqu'à il y a quelque temps, le thème de l'environnement pouvait passer pour une préoccupation des riches plus que des pauvres, des pays développés plutôt que des pays plus en retard, pour lesquels en revanche le développement économique était une priorité absolue. Réglementer ce développement ou le limiter apparaissait comme un luxe, une façon de maintenir les faibles dans la sujétion. Maintenant, les fréquents désastres dus aux déséquilibres environnementaux, frappent plus durement ceux qui ont moins de moyens pour se défendre et la conscience d'un appauvrissement irréparable des ressources des pays les plus faibles grandit ».
Gestion des ressources énergétiques de la planète
« Aujourd'hui, l'humanité craint pour l'avenir de l'équilibre écologique », dit le message de Benoît XVI. C'est pourquoi le pape en appelle à la solidarité, souligne le P. Lombardi : « A cette constatation, le pape relie un appel moral fort à la solidarité, sur la base de la reconnaissance de la destination universelle des biens de la Création, qui concerne aussi les pauvres et les générations à venir. Il invite au dialogue, à l'étude scientifique sérieuse des problèmes, sans « accélérations idéologiques », à la sagesse dans la recherche de « modèles de développement durable », et, très concrètement, propose un dialogue plus intense entre les Nations sur la « gestion des ressources énergétiques de la planète ».
« Encore une fois, conclut le P. Lombardi : se savoir créés par Dieu nous rend responsables devant lui et devant les autres, mais c'est aussi par l'effort de raison et de dialogue que nous devons trouver les voies praticables pour l'avenir de la famille humaine, dans cette maison commune qui est la nôtre. Il faut une alliance entre foi et raison ».
Anita S. Bourdin à Rome pour l'agnence ZENIT.ORG mardi le 8 janvier 2008.
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Sébastien, 36 ans, est chauffeur de taxi à Sens en France. C’est dans le cadre de son travail que Dieu est venu le rejoindre, par la rencontre de Fernando, qui nous a vécu ui-même une conversion il y a quelques années.
Un jour, je pris en course à Roissy une famille qui arrivait de létranger. Et cette course allait changer ma vie
Fernando arrivait en France pour raison professionnelle et il parlait très peu notre langue. Je me proposai de laider et, très vite, une amitié est née entre nous. Fernando sest mis à me témoigner de sa foi. Or, je ne croyais pas en Dieu. Javais perdu mes parents très jeune, et avais, du coup, vécu une enfance très mouvementée
Non, Dieu ne pouvait pas exister ! Mais le fait dentendre une personne cartésienne, cultivée et occupant un poste à responsabilité témoigner avec ferveur de sa foi, mintriguait beaucoup. Il en parlait dune façon si naturelle ! Son attitude a éveillé en moi une vraie curiosité. Comme il était mon ami, je me suis demandé ce qui pourrait lui faire plaisir. Aller à Lourdes ? Nous y sommes partis avec sa famille. Ils étaient en effet très émus. De mon côté, jai simplement passé un bon week-end.
Pour me remercier, Fernando ma invité à Paray-le-Monial, "là où le Christ est apparu et a fait voir son cur aux hommes", me dit-il. Jessayai desquiver linvitation par tous les moyens, en vain. Fernando ma accompagné là-bas et il est resté une journée avec moi. Après son départ, je me suis senti très seul. Placé au fond du chapiteau, jai entendu un prêtre expliquer : « Lorsquon vient à Paray-le-Monial, il se passe toujours quelque chose. On ne repart jamais seul. » Je le pris au mot et me tournai vers Dieu : « Jai fait leffort de venir « chez toi ». Alors, si tu ne te manifestes pas, cest que jai eu raison de penser que tu nexistais pas. Si rien ne se passe, je men vais. » Jétais venu à moto. Elle nétait pas loin, mes bagages non plus. Mon cri vers Dieu semblait rester sans réponse
Je traversai donc la prairie, déterminé à partir lorsque quelquun me tapa sur lépaule. Cétait un motard qui me demanda : « Que fais-tu ? » « Je men vais ! » « Cest bien dommage, me répond-il, mapprenant quil était prêtre. Je suis venu dans la région pour rendre visite à ma famille. Et comme jentends parler de Paray-le-Monial depuis longtemps, je me suis arrêté. » Cétait le signe que jattendais : un motard, prêtre de surcroît, qui était là « par hasard »
Immédiatement, je crus en lexistence de Dieu.
Au cours de cette semaine, moi qui ne suis jamais malade, jai beaucoup souffert physiquement : un combat sétait engagé en moi entre le bien et le mal. Un jour de cette session, alors que je priais, une dame sapprocha de moi : « Je dois vous dire quil faut que vous alliez à Lisieux. » Par curiosité, je my suis rendu au Noël suivant. Au seuil de la basilique pleine à craquer, un prêtre ma accueilli par ces mots : « Vous êtes venu seul, et de loin ; il va se passer des choses pour vous ! » En rentrant de Lisieux, jai décidé dentrer en catéchuménat. Aujourdhui, ayant appris que javais été baptisé, je me prépare avec joie à la première communion.
Publié dans la revue Il est vivant ! n° 245
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Télesphore Gagnon, p.s.s. Directeur du Département de philosophie de l'Institut de Formation Théologique de Montréal, Grand Séminaire de Montréal
Après avoir vécu trois siècles sous le principe de catholicité, il est difficile maintenant d'apprendre à vivre sous le principe de laïcité énoncé il y a deux mille ans : « rendez à césar ce qui est à césar, et à dieu ce qui est à dieu ». Mais encore faut-il comprendre ce principe, d'une manière générale, dans la société, dans l'état et chez les individus. En général, le principe de laïcité signifie distinction entre communauté politique et religions. Mais distinction ne veut pas dire ignorance! Laïcité ne veut pas dire laïcisme! Il serait réducteur de lire l'histoire en oubliant ce que le christianisme a apporté à la culture et aux institutions occidentales : la dignité de la personne humaine, la liberté, l'éducation, les uvres de solidarité. Sans sous-estimer les autres traditions religieuses, il reste que l'Occident s'est affirmé en même temps qu'il était évangélisé.
Dans la société, tout le monde s'accorde à respecter le sentiment religieux des individus, mais il faudrait en dire autant du « fait religieux », celui de la dimension sociale des religions. La démarche religieuse de l'homme ne peut pas être considérée comme un simple sentiment personnel. La nature profonde de l'homme est d'être à la fois personnelle et sociale dans toutes ses dimensions, y compris dans sa dimension spirituelle. La religion ne peut pas être uniquement cantonnée dans la sphère du privé. Ce serait rejeter tout ce qu'elle a de collectif dans sa vie propre et dans les actions sociales et caritatives qu'elle mène au sein même de la société envers toutes les personnes, sans distinction de croyances philosophiques ou religieuses. Tout chrétien ou tout adepte d'une religion a le droit, dans la mesure où cela ne remet pas en cause la sécurité et la légitime autorité de l'État, d'être respecté dans ses convictions et dans ses pratiques, au nom de la liberté religieuse, qui est un des aspects fondamentaux de la liberté de conscience.
Une religion suscitera le dynamisme de la majorité de la population d'un pays si elle a été entretenue pendant plusieurs générations en tant qu'elle a imprégné pendant des siècles toute l'évolution du système social. On ne peut pas remplacer le christianisme par quelqu'autre religion qui commence à s'y enraciner. Notre société a vécu jusqu'à nos jours sur un terreau de chrétienté dont les idées et les préceptes sont toujours irremplaçables.
Du côté de l'État, le principe de laïcité implique la nécessité d'une juste séparation des pouvoirs. Il y a une différence entre une légitime et saine laïcité et un type de laïcisme idéologique ou de séparation hostile entre les institutions civiles et les confessions religieuses. Il ne s'agit pas d'un retour à des formes d'État confessionnel. La référence publique à la foi ne peut porter atteinte à la juste autonomie de l'État et des institutions civiles. Si historiquement des erreurs ont été commises, même chez les croyants, il faut bien le reconnaître, cela ne doit pas être porté au compte des « racines chrétiennes », mais de l'incohérence des chrétiens.
Enfin, du côté de l'individu, la société doit pouvoir admettre que des personnes puissent faire état de leur appartenance religieuse dans le respect d'autrui et des lois du pays. Sinon on court le danger d'un repliement identitaire et sectaire ainsi que de la montée de l'intolérance, au risque d'entraver la convivialité et la concorde au sein de la société. Vécue dans le respect de la saine laïcité, la démarche religieuse est une source de dynamisme et de promotion de l'homme. La laïcité, bien comprise, loin d'être le lieu d'un affrontement, est véritablement l'espace pour un dialogue constructif, dans l'esprit des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité.
le 31 décembre 2007 9:59:09 PM sur le site missa.org
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