Les femmes l'avaient vu bien mort, descendu de la croix et déposé dans le tombeau. Ce vendredi-là, il avait fallu faire vite, car déjà, brillaient les lumières du Sabbat. Mais ce matin, premier jour de la semaine, elles vont de surprise en surprise : le tombeau ouvert, l'énorme pierre roulée, et en plus, pas de corps de Jésus ! Et voilà ce mystérieux personnage, avec une question et une annonce : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 5).
Entendons-nous, encore aujourd'hui, l'annonce du messager ? « Il n'est pas ici. Il est ressuscité »! Il est le Vivant ! Cela veut dire que nous pouvons le rencontrer, l'écouter, lui parler. Cela veut dire que sur le chemin de la vie, il est là, avec nous, chaque jour et, qu'accueillir cette bonne nouvelle, c'est croire l'incroyable ! C'est croire que jamais plus nous ne serons seuls avec nos questions, nos problèmes, nos pauvretés, nos misères et même nos péchés. Il est là, et sa Présence nous rejoint dès que nous le voulons, et même quand nous n'y pensons pas. Il entre chez nous pour y mettre une graine d'espérance dans toute situation et dans toute voie sans issue. Il est là avec nous pour pleurer, avec nous pour nous relever, avec nous pour nous rappeler que depuis ce jour de résurrection, il est possible de vivre debout.
Bien sûr, la mort règne toujours et tout nous ramène à son ombre: la séparation, la tristesse, les deuils, les tragédies, la haine, la guerre. Mais toutes ces situations peuvent devenir des chemins de résurrection, si nous les traversons dans la confiance au Ressuscité qui a vaincu la mort. C'est lui qui nous invite constamment à lever la tête, au-delà du cercle qui nous enferme, pour faire éclater les limites des choses. « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33) dela mort et de la fatalité. Il nous précède en Galilée, la Galilée de notre monde, la Galilée des recommencements. C'est lui qui nous pousse à nous mettre debout, à nous rassembler, à nous
mettre en marche. C'est lui qui habite notre espérance.
"Noël, c’est la veille, c’est l’attente ». (George Dor)
Nous sommes une génération de gens pressés. Nous ne savons pas toujours attendre. Souvent nous voulons tout, et tout de suite, sans penser à la valeur du mûrissement.Nous vivons à la surface de nous-même, distraits par les urgences, engourdis par la routine ou suffoqués par l'avalanche des mots et des images.
Attendre, toujours attendre ! Pour le courrier, pour l'ascenseur, pour l'autobus, pour un feu rouge bloqué, pour le rendez-vous chez le médecin. Attendre pour tout ! Parfois on est las d'attendre. Mais dans le verbe « attendre », il y a le mot « tendre », avec son élan, sa vitalité, son mouvement. Ce temps de l'Avent que nous commençons ne consiste pas à attendre passivement le jour de Noël, mais à nous mobiliser pour aller à la rencontre de Celui qui vient dans notre vie. Dieu nous attend aussi. Il y a dans l'Avent une attente réciproque.
Quel poète, notre Sol national...
Poésie de Marc Favreau : Sol, le clown clochard. Ses textes, à la fois naïfs, poétiques et humoristiques
( Les fautes sont voulues dans le texte! )
Des fois, j'ai hâte d'être un vieux.
Ils sont bien, les vieux, on est bon pour eux, ils sont biens.
Ils ont personne qui les force à travailler; on veut pas qu'ils se fatiguent.
Même que la plusssspart du temps, on les laisse pas finir leur ouvrage.
On les stoppe, on les interruptionne, on les retraite fermée.
On leur donne leur appréhension de vieillesse et ils sont en vacances....
Ah! Ils sont bien les vieux!
Réflexions de Richard Martineau après la célébration consacrée au Frère André au Stade Olympique de Montréal. Intéressant...et éclairant pour comprendre le rapport des québécois à leur héritage catholique. Bonne lecture!
Samedi [le 30 octobre 2010], 50 000 personnes se sont rassemblées au Stade olympique pour célébrer la mémoire du frère André. Comme l'a titré mon journal : «C'est du monde à la messe !» Preuve que si on a sorti le Québécois de l'Église, on n'a pas encore sorti l'Église du Québécois.
Le paradoxe québécois
Récemment, le Globe and Mail se demandait pourquoi les Québécois sont aussi attachés à la religion catholique, alors que les églises sont vides.
Sylvain Lavoie, doctorant en théologie à l'Université Laval (Québec), réagit à la présence médiatique de la religion ces derniers temps. Il s'inspire de Fernand Dumont pour poser la question de la possibilité d'une médiation renouvelée entre foi et culture. Bonne lecture.
Loin d'être indifférents au religieux, les médias en font plutôt un objet de débat de plus en plus virulent.
Manifestation récente à Montréal contre les agressions sexuelles de religieux envers les enfants. Les manchettes liées au religieux font ainsi régulièrement la première page des journaux.
Les récents débats autour de la dissimulation de cas de sévices sexuels par des prêtres pédophiles mettent à l'avant-scène le terrain sur lequel se joue l'interprétation des phénomènes religieux dans la société: les médias d'information. En effet, la place accordée à l'interprétation des phénomènes religieux dans les médias est paradoxale étant donné la baisse de la pratique religieuse des dernières années au Québec.
Loin d'être indifférents au religieux, les médias en font plutôt un objet de débat de plus en plus virulent. Par exemple, les manchettes liées au religieux font la première page des journaux, il est possible de consulter des «cahiers religion» dans certains quotidiens, etc.
Cependant, les récents propos du cardinal Marc Ouellet sur les rapports entre l'Église et les médias marquent plutôt un rapport d'opposition entre ces acteurs. Pour lui, les médias d'information sont un ennemi à abattre, puisqu'il les accuse de «mener une campagne» visant à «discréditer l'Église catholique» (Homélie de Pâques, 4 avril 2010). Mais au-delà de cette opposition, sommes-nous en train d'assister à une mutation du religieux dans l'espace médiatique et à une nouvelle manière pour la religion de s'y inscrire socialement?
Une religion sans culture ?
Les mutations actuelles du religieux soulèvent la question de l'interaction entre la culture et la religion dans l'espace public. En effet, l'inscription de la religion dans les médias d'information se fait d'une façon souvent détachée d'ancrages culturels, au profit de sa reconfiguration en système d'idées très visible. Un exemple est la création de la webtélé ECDQ.TV qui permet de suivre des liturgies en direct, d'écouter des reportages sur les événements diocésains, etc.
Alors que le catholicisme culturel issu de la Révolution tranquille des années 1960 cherchait ses points d'appui dans la culture ambiante, cette forme de médiatisation de la religion implique sa conversion dans des cadres virtuels hors culture. À partir de ce nouveau rapport entre la religion et les médias, nous assistons à des mutations de la religion et de la culture qui laissent place à de nouvelles formes de religiosité «exculturées» (Danièle Hervieu-Léger, 2003) sur lesquelles il faut s'interroger.
Pour ce faire, la perspective de Fernand Dumont sur la culture première et la culture seconde est d'une portée heuristique. Pour Dumont, la culture première correspond au mode de vie quotidien et au vécu, alors que la culture seconde procède d'une distanciation et de la reprise du vécu en expérience réfléchie (par exemple la science, l'art, etc.). Selon cette distinction, il apparaît que la difficulté de la médiatisation de la religion, qui appartient à la culture seconde, concerne le rapport de réflexivité avec la culture première. Les mutations du religieux dans les médias d'information ont alors pour effet de créer deux cultures parallèles, détachées l'une de l'autre. La crise qui en résulte a pour conséquence de distancer les marqueurs religieux et culturels dans la société, au profit de la médiation possible que pourrait constituer la religion dans l'espace public.
Les récents débats médiatiques mentionnés plus haut ont rendu visible cette distanciation de la culture première et de la culture seconde. Pour Marc Ouellet, «l'actualité semble se trouver assez loin de la Bonne Nouvelle. Les médias semblent converger pour mettre en doute la Bonne Nouvelle» (Homélie de Pâques, 4 avril 2010). Ces propos illustrent bien la distance entre le «message» chrétien et son interprétation dans les médias. Deux cultures distinctes se côtoient dans l'espace public, sans médiation possible. Toutefois, la conséquence est que cette forme de médiatisation du religieux, non réflexive, ne permet pas de créer d'espace de dialogue entre la culture et la religion.
Une nouvelle forme de religiosité : l'identité
Cet état de fait met en évidence un autre déplacement du religieux dans les dernières années: la transformation des conditions de la prise de parole croyante dans la société. Nous sommes passés de la prise de parole publique sur des enjeux sociaux à des demandes de reconnaissance identitaire.
En effet, la foi reléguée à la sphère du privé a souvent du mal à se situer dans l'espace social marqué par le pluralisme. L'attitude à adopter est alors celle de l'opposition avec la culture. Devant le tourment subi par l'Église, il faut que les chrétiens affirment leur foi «humblement et fidèlement dans un monde hostile. Il faut répondre à la haine par l'amour et répondre à la persécution par la patience et même le martyre» (Marc Ouellet, 4 avril 2010).
Cette attitude proposée fait de la foi chrétienne un objet à proclamer dans l'espace public contre l'adversité. L'enjeu consiste alors en une affirmation renouvelée de l'identité catholique qui se manifeste par une visibilité sociale accentuée par les médias de l'information. Cependant, cette logique identitaire ne permet pas de penser les conditions du lien social et l'inscription de la religion dans l'espace public.
Espace de médiation
Dans son livre L'Institution de la théologie (1987), Fernand Dumont expose que la «renaissance» de la religion au Québec serait possible à condition qu'elle puisse se faire médiation dans la culture. Cette médiation demande toutefois de repenser la fonction sociale du religieux dans la société. Alors que le religieux garantissait autrefois une identité collective, il permet aujourd'hui davantage de répondre aux individus en quête de besoins dans une logique de marché (Raymond Lemieux, 2005).
La fonction de tranquillité sociale jouée par le religieux est devenue un support pour des individus qui veulent faire valoir la spécificité de leur droit dans l'espace public. Le religieux devient alors l'objet d'une régulation complètement différente de celle connue jusque-là, qui favorise un rapport identitaire entre le client et l'objet consommé.
La conséquence de ce rapport a pour effet de redéfinir la religion en nouvelles formes de religiosité qui sont en exil de la culture. Ces religiosités se définissent par la modalité d'un «pur religieux» (Olivier Roy, 2008) souvent hostile au monde profane. Cette situation laisse entrevoir le dualisme dans lequel se vivent les rapports au religieux aujourd'hui.
Est-il possible de penser autrement le rôle culturel que pourrait avoir la religion dans l'espace public? Il faudra certainement réfléchir à de nouvelles modalités réflexives pour penser ce rapport sous forme de médiation. Dans ce sens, l'analyse des débats médiatiques des derniers jours donne une piste de réflexion intéressante, puisqu'elle permet de penser les modalités des rapports entre la religion et la culture, au risque de s'en détacher.
Sylvain Lavoie - Doctorant en théologie à l'Université Laval
Cet article a été publié dans
le journal Le Devoir du 19 avril 2010 sous le titre Église et médias : Conflit ou nouvelle religiosité ? Il est reproduit avec l'autorisation de l'auteur.
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/287222/eglise-et-medias-conflit-ou-nouvelle-religiosite
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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
L’Église catholique, je ne l’ai pas choisie. Je suis née dedans comme je suis née au Témiscamingue, dans la province de Québec. J’y ai grandi dans la peur du Dieu qu’on m’a présenté, comme j’ai grandi sous la férule du régime de Duplessis. C’était comme ça ! Ah! si je m’en souviens! L’œil de Dieu qui nous surveille, nous contrôle et nous punit ! Le Dieu de mon enfance n’était pas pour moi une Personne, un Père, mais un Oeil ! Grand Dieu ! Tout ce qu’il fallait faire pour ne pas déplaire à cet OEIL ! ..
Oui, c'est l'Église qui m'a faite, mais c'est aussi l'Église qui m'a changée. À mesure qu'en elle, j'ai découvert le Dieu de Jésus-Christ, l'Évangile, le renouveau catéchétique, le Concile Vatican II, là, j'ai changé complètement de Dieu ! Le Dieu « empereur » est devenu le Dieu « Amour », incarné en Jésus, et semé en chacun(e) de nous. C'est toute la différence ! Dieu n'apparaît pas, il transparaît, disait Maurice Zundel.
Hélas ! dans cette Église que j'aime et qui a changé aussi, je ne reconnais pas toujours le Dieu de l'Évangile et les attitudes de Jésus. Et j'en suis déçue, peinée, et parfois, en colère. Malgré tout, je veux bien continuer de vivre dedans, avec ses défauts et ses manques (les miens aussi!), mais je ne peux pas me taire! Quelque chose me brûle en dedans. Et quand je regarde Jésus, je me console en pensant que lui aussi a dit avec force, son désaccord avec les autorités religieuses de son temps. Il n'a pas ménagé sa critique contre ce qui pouvait encombrer, fausser ou pervertir la religion voulue par son Père. Et quand on lit Matthieu 23, 13-30, Jésus est intraitable: « Malheur à vous, guides de la Loi et Pharisiens hypocrites... serpents, race de vipères... votre maison sera laissée vide » . Le Dieu de la vie n'a d'autre dogmatique que celle de l'amour, celle du service. Il me semble que la foi en Jésus ne peut que désirer la critique des croyants qui veulent une Église à l'image de l'Évangile.
Le soir de l'accession au cardinalat de Mgr Ouellet, j'étais perchée, en haut du jubé de l'église St-Roch, aux dernières places, derrière les colonnes, avec les pauvres et les « minables » de la société. J'y ai entendu une seule parole, qui m'est restée et qui semblait être tout un programme : « Repartir du Christ ». Mais au fur et à mesure qu'après, se défilaient les discours et les gestes posés, il fallait constater que nous ne repartions pas du Christ, mais plutôt du Concile de Trente, effleurant à peine Vatican II. Mais où est-il donc l'Esprit promis par Jésus, qui nous fait entendre aujourd'hui, le message intouchable de l'Évangile ? L'Église n'est-elle pas appelée à s'incarner dans l'histoire en marche ? Le Royaume de Dieu ne marcha pas à reculons. Dieu n'est pas bloqué dans les années 30. Il marche avec nous aujourd'hui, dans le monde post-moderne que nous habitons, avec nos avancées et nos reculs, avec nos générosités et nos faiblesses et surtout, avec cette étincelle de Lui, semée en nous comme une boussole qui nous indique le sens. Il est urgent de trouver un nouveau langage pour dire que l'Évangile est une Nouvelle, BONNE pour tout le monde !
J'ai mal à mon Église quand on porte sur le peuple québécois un regard négatif, comme s'il était le champion du divorce, de l'avortement, du suicide, de l'abandon de la religion, sans s'apercevoir de sa générosité, de sa recherche de sens, de sa créativité et de sa prodigieuse hospitalité.
J'ai mal à mon Église quand j'entends un langage de peur qui a de quoi éteindre toutes les flammes : peur du modernisme, peur du relativisme, peur de la culture de la mort. Plutôt qu'une morale d'interdiction et de condamnation, pourquoi pas une morale d'invitation, d'appel, d'évolution ? « N'aie pas peur », disait Jésus. Il disait encore : « Si tu veux »... « Lève-toi, prends ton grabat et marche ».
J'ai mal à mon Église quand je vois condamner ou bâillonner les théologiens « progressistes », de même quand je vois mettre en veilleuse la théologie de la libération.
J'ai mal à mon Église quand, dans le langage de Vatican II, on a fait la promotion du laïcat et que dans la pratique, il n'y a pas grand-chose de changé. Les laïcs n'ont pas plus de pouvoir ni d'autonomie qu'avant, même s'il y a plus de liberté de parole. Ils doivent accepter tout sans récriminer, comme si l'Esprit de Dieu était seulement dans la hiérarchie.
J'ai mal à mon Église quand le peuple de Dieu manque de prêtres et qu'on refuse le sacerdoce ministériel à des baptisé(e)s capables d'assumer cette responsabilité.
J'ai mal à mon Église quand on refuse toujours la communion eucharistique aux divorcés remariés et qu'on abolit les si belles célébrations communautaires du pardon avec absolution collective, alors que les gens venaient, plein l'église.
Même si je ne me sens pas toujours confortable dans mon Église catholique romaine, je me console en pensant que cette vieille Mère Église flotte encore, contre vents et marées, depuis 2000 ans, avec la seule parole qui la tient debout : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du temps (Mt 28, 20). Je me console aussi en pensant que pour son Église, Jésus semble avoir voulu une structure égalitaire, ressemblant davantage à celle d'une famille dans laquelle l'autorité est exercée au service des autres :« Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Jésus n'a pas créé de hiérarchie, n'a pas décrété de dogmes, n'a pas imposé de droit canonique. Il n'a parlé que de la bonté de Dieu. Il n'a prêché que le partage, le pardon et la paix.
Mais au-delà de la structure, l'Église est aussi le Corps du Christ. Cette Église mystérieuse, faite de pierres vivantes, fraternelle et sans exclusion, elle a un visage visible. Je la touche aussi, surtout au ras du sol et dans les marges, dans les groupes restreints, dans la multitude des réseaux de solidarité qui s'engagent pour un monde de justice et de fraternité. Mais cela ne va jamais de soi : je crois que nos communautés humaines seront toujours imparfaites, fragiles et source de déceptions.
La vraie communauté est invisible à nos yeux : c'est la communion des saints où, avec nos différences et nos préoccupations, nous sommes uni(e)s dans le même Corps du Christ. Oui, je reste, parce que l'Église, c'est d'abord nous, temple de pierres vivantes, où il n'y a ni mortier ni ciment, car ce qui nous tient ensemble, c'est Jésus, pierre angulaire. C'est son amour qui nous cimente les uns aux autres.
Je reste dans l'Église d'aujourd'hui et de toujours parce que je garde toute ma confiance en Jésus le Vivant, parce que je désire toujours traduire en actes, tant bien que mal, son Évangile, et que je veux vivre en communion avec tous mes frères et soeurs
Laurette Lepage
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L'abbé Roger Labbé nous fait parvenir ces réflexions "songées" d'un évêque brésilien s'inspirant du mot du cardinal Martini, ancien archevêque de Milan :« Aujourd'hui je n?~Rai plus ces rêvess
». (tiré de la lettre circulaire de Mgr Pedro Casaldáliga, évêque ?| la retraite du diocèse brésilien de São Felix do Araguaia et traduit par l'abbé Claude Lacaille).
Le cardinal Carlo M. Martini, jésuite, bibliste, ancien archevêque de Milan et mon collègue de Parkinson, est un ecclésiastique de dialogue, d'accueil, de rénovation à fond, autant dans l'Église que dans la société. Dans son livre de confidences et de confessions Colloques nocturnes à Jérusalem, il déclare : « Avant j'avais des rêves à propos de l'Église. Je rêvais d'une Église qui parcourt son chemin dans la pauvreté et l'humilité, qui ne dépend pas des pouvoirs de ce monde; dans laquelle est extirpée la racine de la méfiance; qui donne de la place aux gens qui pensent avec plus d'ouverture; qui encourage, spécialement ceux qui se sentent petits et pécheurs. Je rêvais d'une Église jeune. Aujourd'hui, je n'ai plus ces rêves. » Cette affirmation catégorique de Martini n'est pas, ne peut pas être une déclaration d'échec, de déception ecclésiale, de renonciation à l'utopie. Martini continue de ne rêver à rien d'autre qu'au Royaume, qui est l'utopie des utopies, un rêve de Dieu lui-même.
Lui et des millions de personnes dans l'Église, nous rêvons de « l'autre Église possible », au service d' « un autre monde possible ». Et le cardinal Martini est un bon témoin et un bon guide sur ce chemin alternatif; il l'a démontré.
Autant dans l'Église (dans l'Église de Jésus formée de plusieurs Églises) que dans la société (formée de divers peuples, diverses cultures, divers processus historiques) aujourd'hui plus que jamais, nous devons nous radicaliser dans la recherche de la justice et de la paix, de la dignité humaine et de la dignité dans l'altérité, du véritable progrès à l'intérieur d'une écologie profonde. Et comme le dit Bobbio, « il faut installer la liberté dans le coeur même de l'égalité »; aujourd'hui avec une vision et une action strictement mondiales. C'est l'autre globalisation, celle que revendiquent nos penseurs, nos militants, nos martyrs, nos affamés
La grande crise économique actuelle est une crise globale de l'humanité qui ne sera résolue par aucun type de capitalisme, parce qu'il ne peut y avoir un capitalisme humain; le capitalisme continue à être homicide, écocide et suicidaire. Il n'y a pas moyen de servir simultanément le dieu des banques et le Dieu de la Vie, de conjuguer l'arrogance et l'usure avec la convivialité fraternelle. La question charnière est celle-ci: Faut-il sauver le système ou sauver l'humanité? A grandes crises, grandes opportunités. En langue chinoise, le mot crise se dédouble en deux sens : crise comme danger, crise comme opportunité.
Durant la campagne électorale aux États-Unis, on a brandi à répétition le « rêve de Luther King », dans l'intention d'actualiser ce rêve; et à l'occasion des 50 ans de la convocation de Vatican II, on a rappelé avec nostalgie le Pacte des catacombes de l'Église servante et pauvre. Le 16 novembre 1965, quelques jours avant la clôture du concile, 40 pères conciliaires ont célébré l'eucharistie dans les catacombes romaines de Domitila et ont signé le Pacte des catacombes. Dom Helder Camara, qui célébrerait son 100ième anniversaire de naissance cette année, était l'un des principaux animateurs du groupe prophétique. Le Pacte en ses 13 points insiste sur la pauvreté évangélique de l'Église, sans titres honorifiques, sans privilèges et sans luxes mondains; il insiste sur la collégialité et la coresponsabilité de l'Église comme Peuple de Dieu et sur l'ouverture au monde et l'accueil fraternel.
Aujourd'hui dans la conjoncture convulsionnée actuelle, nous professons que bien des rêves sociaux, politiques, ecclésiaux sont d'actualité et que nous ne pouvons aucunement y renoncer. Nous continuons de rejeter le capitalisme néolibéral, le néo-impérialisme de l'argent et des armes, une économie de marché et de consommation qui ensevelit dans la pauvreté et la faim une grande majorité de l'humanité. Nous continuerons de rejeter toute discrimination pour motif de genre, de culture, de race. Nous exigerons la transformation substantielle des organisations mondiales (ONU, FMI, Banque mondiale, OMC ...) Nous nous engagerons à vivre une « écologie profonde et intégrale », en promouvant une politique agraire-agricole alternative à la politique prédatrice du latifundium, de la monoculture, de l'agro-toxique. Nous participerons aux transformations sociales, politiques, économiques pour une démocratie de « haute intensité ».
Comme Église nous voulons vivre à la lumière de l'Évangile, la passion obsessive de Jésus, le Royaume. Nous voulons être Église de l'option pour les pauvres, communauté oecuménique et macro-oecuménique aussi. Le Dieu en qui nous croyons, l'Abba (Papa) de Jésus, ne peut être en aucune manière la cause de fondamentalismes, d'exclusions, d'inclusions absorbantes, d'orgueil prosélyte. Ça suffit de faire de notre Dieu l'unique vrai Dieu. « Mon Dieu me laisse-t-il voir Dieu? » Avec tout le respect dû au pape Benoît XVI, le dialogue interreligieux n'est pas seulement possible, il est nécessaire. Nous ferons de la coresponsabilité ecclésiale l'expression légitime d'une foi adulte. Nous exigerons, en corrigeant des siècles de discrimination, la pleine égalité de la femme dans la vie et les ministères de l'Église. Nous stimulerons la liberté et le service reconnu de nos théologiens et théologiennes. L'Église sera un réseau de communautés orantes, servantes, prophétiques, témoins de la Bonne Nouvelle: une Bonne Nouvelle de vie, de liberté, d'heureuse communion. Une Bonne Nouvelle de miséricorde, d'accueil, de pardon, de tendresse, samaritaine sur tous les chemins de l'humanité. Nous continuerons de faire en sorte que se vive dans la pratique ecclésiale l'avertissement de Jésus : « Il n'en sera pas ainsi entre vous » (Matthieu 21, 26). Que l'autorité soit service. Le Vatican cessera d'être un État et le pape ne sera plus chef d'État. La Curie devra être réformée en profondeur. Les Églises locales soigneront l'inculturation de l'Évangile et l'administration partagée. L'Église s'engagera sans crainte, sans évasion, dans les grandes causes de la justice et de la paix, des droits humains et de l'égalité reconnue pour tous les peuples. Elle sera prophétie d'annonce, de dénonciation, de consolation. La politique vécue par tous les chrétiens et chrétiennes sera « l'expression la plus élevée de l'amour fraternel. » (Pie XI)
Nous refusons de renoncer à ces rêves même s'ils peuvent apparaître comme des chimères. « Nous chantons encore, nous rêvons encore » Nous nous en tenons à la parole de Jésus : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que puis-je vouloir sinon qu'il s'allume? » (Luc 12, 49). Avec humilité et courage, à la suite de Jésus, nous verrons à vivre ces rêves dans le quotidien de nos vies. Il continuera d'y avoir des crises et l'humanité avec ses religions et ses églises continuera à être sainte et pécheresse. Mais il ne manquera pas de campagnes mondiales de solidarité, de Forums sociaux, de Vías Campesinas, de mouvements populaires, de conquêtes des sans-terres, de pactes écologiques, de chemins alternatifs de notre Amérique, de communautés de base, de processus de réconciliation entre Shalom et Salam, de victoires autochtones et afro, et de toute manière une fois pour toutes « je m'en tiens à ce qui a été dit : l'Espérance ».
À chacun et chacune à qui parviendra cette circulaire fraternelle, en communion de foi religieuse ou de passion humaine, une accolade à la mesure de ces rêves. Les vieux, nous avons encore des visions, dit la bible (Joël 3,1) J'ai lu il y a quelques jours cette définition: « La vieillesse est une espèce d'après-guerre »; pas nécessairement une claudication. Le Parkinson n'est qu'un accident de parcours et nous continuons notre chemin vers le Royaume.
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Traduction : Claude Lacaille
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Une opinion de Louis O'Neill, ancien ministre et professeur émérite de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval à Québec: Éthique et culture religieuse - «Youpi, ma religion à moi!»
«YOUPI, MA RELIGION À MOI!»
Le nouveau cours Ethique et culture religieuse n'a pas fini d'étonner. Qu'on se rappelle à titre d'exemple le cas de cet enseignant qui a demandé à ses élèves de dessiner un nouveau drapeau du Québec parce qu'il estimait que le fleurdelisé ne convenait plus puisqu'on y discerne l'effigie d'une croix. Lenseignant zélé croyait déceler là une atteinte à la laïcité.
Le cours réserve d'autres surprises. C'est ainsi qu'on trouve une perle bizarre dissimulée dans un cahier d'activités destiné aux élèves de premier cycle du secondaire et dont le titre est Partons à l'aventure ! La perle se nomme « Youpi ma religion à moi ! ». Comme aventure, c'est du vrai de vrai.
On invite les jeunes ( 12, 13 ans) à créer leur propre religion « comme moyen pour vérifier leur capacité à saisir les multiples facettes des mouvements religieux ». On précise : « À partir des multiples exemples vus en classe dans le chapitre 1, tu décides de fonder ton propre mouvement religieux pour répondre à ta quête de sens. Ce mouvement doit naître de ton imaginaire ». Production attendue : une description détaillée d'une religion inventée respectant la structure exigée.
Regroupés dans des équipes de quatre les écoliers doivent donc faire appel à leur imaginaire pour réaliser le projet suivant :
*inventer un fondateur et un mythe fondateur ;
*inventer un Dieu ou des dieux et en nommer les attributs ;
*inventer un code moral ;
*inventer un livre sacré ;
*inventer quelques rituels ;
*inventer quelques objets de culte.
On nous dit que ce cahier d'activités n'a pas été officiellement approuvé, donc qu'on ne doit pas prendre l'affaire trop au sérieux. Pourtant, il s'agit bien d'un outil de travail reconnu que l'on met à la disposition des enseignants et des jeunes. On y trouve un tas de trucs sur le vivre-ensemble et le dialogue. Certains éléments sont intéressants, mais le tout projette l'image d'un fouillis où s'entremêlent les bonnes intentions et la confusion. On ne réussit pas à retracer le fil conducteur qui assure l'unité de l'oeuvre. L'ensemble est gentil, sirupeux, un peu gnangnan.
Quant à la perle bizarre, elle suscite une interrogation bien particulière puisqu'elle équivaut à un affront atteignant toutes les religions. Pourtant un des objectifs du cours est, nous dit-on, d'encourager une approche inclusive et tolérante envers les croyances. Or pour en arriver à inventer une bizarrerie pareille il faut au moins implicitement avoir assumé les trois postulats suivants : 1) toutes les religions se valent ; 2) mises ensemble elles ne valent pas grand-chose ;3) aussi bien s'en moquer et en tirer un passe- temps.
Voyons la pratique et tâchons d'imaginer d'éventuelles conséquences. A quatre participants par équipe il serait possible d'inventer cinq ou six religions par classe, chacune avec son ou ses dieux, son code moral, ses rituels. Des centaines de nouvelles religions pourraient ainsi émerger à l'échelle du Québec. Un vrai déferlement de religiosité. Même les adeptes du relativisme et du pluralisme normatif risqueraient dêtre emportés par le courant. Les enseignants n'y pourraient rien, car il leur est interdit dexprimer une opinion personnelle. Brouillard et confusion. Montée prévisible d'un sentiment de mépris envers tout ce qui est religieux. Est-ce là le but recherché ?
On peut heureusement prévoir que le déferlement n'aura pas lieu, car les jeunes sont capables de faire preuve de sens commun, plus que ceux qui ont inventé ce jeu. On peut aussi faire confiance au sens critique de parents qui sauront faire oeuvre d'intelligence et de discernement. Il demeure qu'un dérapage aussi grossier sème l'inquiétude. Des parents se demandent si la potion magique qu'on fait ingurgiter à leurs enfants au nom du vivre-ensemble ne serait pas toxique. Ce qui incite certains d'entre eux à invoquer le droit d'exemption pour les jeunes dont ils ont la charge. Ils appliquent le principe de précaution. C'est une saine prudence qui les incite à agir ainsi.
L'un des grands esprits qui ont concocté le nouveau cours a affirmé avec assurance qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde l'équivalent d'un tel produit pédagogique. En découvrant le jeu Youpi ma religion à moi ! , je suis enclin à croire qu'il a raison. Car il est sûrement hors du commun d'inventer pareil passe-temps dans le domaine religieux. C'est « le bout du bout », comme m'a dit l'un de mes amis, pédagogue renommé qui fut longtemps enseignant et directeur d'école.
LOUIS O'NEILL
Mai 2009
Lettre parue dans l'édition du 4 mai 2009 du journal Le Devoir et reproduite sur le site internet de l'auteur CHRONIQUE DE LOUIS O'NEILL
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Christian Rioux, correspondant du journal Le Devoir à Paris, nous livre des réflexions passionnantes sur la visite du pape Benoît XVI Paris et à Lourdes en septembre 2008. "Comment imaginer deux hommes plus différents? écrit-il. D'un côté, un président divorcé deux fois qui fréquente les stars, les yachts luxueux et cultive les déclarations-chocs. De l'autre, un théologien à la voix presque inaudible qui semble se complaire dans des discours truffés de citations latines."
Si la visite de Benoît XVI en France cette semaine [12-13 septembre 2008 à Paris et 13-14-15 septembre 2008 à Lourdes] a produit un choc culturel, il était peut-être dans cette brève rencontre avec Nicolas Sarkozy.
Cette visite a pourtant relancé un débat que l'on croyait clos. Le président français en a profité pour faire la promotion de ce qu'il nomme la « laïcité positive ». Discret, le pape s'est contenté de se dire ouvert à « une nouvelle réflexion sur le vrai sens et sur l'importance de la laïcité ». Il avait déjà défini le contexte de sa visite en affirmant : « La foi n'est pas politique et la politique n'est pas une religion. »
On s'interroge depuis quelque temps sur ce que peut bien signifier cette « laïcité positive » qu'évoque régulièrement le président français. Si cette laïcité nouvelle consistait à mettre de côté un vieux discours anticlérical toujours vivace dans certains milieux, pourquoi pas. S'il s'agissait de reconnaître la contribution de la religion catholique à l'histoire de l'humanité, va encore. Mais s'il était question d'abandonner la réserve qui avait jusqu'ici caractérisé tous les présidents de la Ve République, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac, il s'agirait d'une autre histoire.
C'est avec raison que de nombreux Français s'irritent aujourd'hui d'un président qui, en rupture avec la tradition, ne cesse d'afficher sa foi à tout propos. Un peu de la même façon qu'à une autre époque, il parlait sans pudeur de sa vie amoureuse. Si la France doit combattre l'anticléricalisme revanchard qui l'a parfois caractérisée, elle peut néanmoins s'enorgueillir de la réserve dont ont fait preuve dans le passé ses représentants dans le domaine religieux. Tout comme elle peut s'enorgueillir d'une école où (comme les policiers et les juges) les enseignants n'ont pas le droit de porter le voile, la croix ou la kipa dans l'exercice de leurs fonctions. Avec pour résultat que, même si le pays accueille les plus grandes communautés juive et musulmane d'Europe, celles-ci ne désertent pas l'école publique au profit de l'école privée. Tous les pays ne peuvent pas afficher un tel bilan.
À suivre cette visite du pape à Paris, on se prend néanmoins à regretter que Benoît XVI nait pas honoré de sa présence les festivités du 400e anniversaire de Québec. Peut-être leur aurait-il instillé le regard historique qui leur a tant manqué.
À l'époque du storytelling et des petites phrases, ce pape est un anachronisme. On dirait un homme du XIXe siècle égaré à Disney World. Alors que des milliers de fidèles l'attendent sur le parvis de Notre-Dame, le voilà qui court s'enfermer au collège des Bernardins pour s'adresser à un auditoire composé de 600 intellectuels. Tout cela pour prononcer, dans un français châtié, une conférence ardue sur les origines de la culture européenne et pleine de références à d'obscurs théologiens. Et pourtant, sous les somptueuses arches gothiques du XIIIe siècle, ces 600 esprits, parmi lesquels nombre d'athées et d'agnostiques, se sont pris au jeu.
Je ne suis pas du genre à mintéresser à la petite cuisine de lÉglise. Lordination des femmes, la messe en latin et le mariage des couples divorcés ne me concernent pas plus que le sexe des imans, des rabbins ou des anges. Mais, à Paris, le pape avait décidé de livrer un message qui concernait tant les croyants que les non-croyants.
Je n'oserai vous résumer un discours dont l'exégèse reste à faire. Disons simplement que Benoît XVI s'est demandé ce qui avait donné naissance à la culture européenne apparue dans des monastères comme celui des Bernardins après la disparition de l'empire romain. Pour le pape, cette culture est née de la recherche de Dieu. Mais, dit-il, elle n'est pas née d'un livre unique, la Bible, mais des Écritures. Des Écritures qui ne prennent leur sens que par les interprétations souvent contradictoires que l'homme en donne. Benoît XVI en déduit qu'à sa source, cette « culture de la parole » d'abord littéraire exclut à la fois le fondamentalisme, pour lequel seul compte le texte, mais aussi l'arbitraire subjectif, pour lequel toutes les interprétations se valent. La culture européenne serait fondée sur cette tension permanente entre la fidélité à un texte, une loi, un héritage, et la liberté de les interpréter.
On aura compris que le pape visait ainsi tous les intégrismes, catholique ou musulman, pour qui le texte est la voix de Dieu. Mais il visait aussi la propension des sociétés modernes à penser que toutes les opinions se valent. Bref, à ne plus chercher la vérité.
C'est pourquoi on peut penser que si le Pape avait investi le séminaire de Québec, comme il l'a fait cette semaine au collège des Bernardins, il aurait fait pâlir de honte le recteur de l'Université Laval, qui a choisi cet été de décerner à Céline Dion un doctorat honoris causa plutôt que demeurer fidèle la vocation de grand savoir de cette institution fondée en 1663. Va pour la légion d'honneur ou l'ordre du Québec, qui peuvent récompenser la réussite. Mais un doctorat n'est-il pas censé récompenser, bien au-delà de la popularité personnelle, ceux et celles qui ont fait avancer la connaissance ?
Qu'est-ce que le relativisme absolu dont parlait précisément Benoît XVI ? C'est justement de confondre Céline Dion avec un savant. C'est de faire croire que, malgré ses qualités réelles, parfois sublimes, une chanteuse populaire est l'équivalent d'un grand mathématicien ou d'un grand poète. Comme si les disques d'or et les Félix ne suffisaient pas. La mystification est peut-être utile pour attirer de lucratives clientèles étudiantes, mais c'est une façon sûre et certaine d'avilir la fonction de l'université. Que dirait-on, demain, si Benoît XVI, lui-même universitaire de haut vol et pianiste à ses heures, recevait un Grammy Award ?
On pourra discuter les opinions du pape autant que l'on voudra, on ne pourra pas dire que ce théologien nous prend pour des imbéciles. Comme certaines de nos élites.
Christian Rioux
Journal "Le Devoir" (Montréal)
vendredi 19 septembre 2008
Source
http://www.ledevoir.com/2008/09/19/206270.html
Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Benoît XVI lors de sa rencontre les prêtres, diacres et séminaristes du diocèse de Bolzano-Bressanone, le 6 août 2008, durant ses vacances dans les Dolomites italiennes, s'est prêté à des questions auxquelles il a répondu avec simplicité en improvisant de façon familière. J'ai retenu la réponse à celle qui suit parce qu'elle m'a touché, qu'elle est d'une grand richesse et qu'elle nous fait entrer un peu plus dans l'âme de ce pape musicien. Dans cette réponse le pape explique que la raison et la réflexion sur la vérité et la beauté, vont de pair. Les beautés créées par la foi sont « la preuve vivante de la foi », dit-il. Bonne lecture!
P. Willibald Hopfgartner, o.f.m.
- Très Saint-Père, je m'appelle Willibald Hopfgartner, je suis franciscain et je travaille dans une l'école et dans divers contextes du gouvernement de l'Ordre. Dans votre discours de Ratisbonne vous avez souligné le lien substantiel entre l'Esprit divin et la raison humaine. D'autre part, vous avez également souligné l'importance de l'art et de la beauté, de l'esthétique. Alors, à côté du dialogue conceptuel sur Dieu (en théologie) ne faudrait-il pas toujours réaffirmer l'expérience esthétique de la foi dans le cadre de l'Eglise, pour l'annonce et la liturgie ?
Benoît XVI
- Merci. Oui, je pense que les deux choses vont de pair la raison, la précision, l'honnêteté de la réflexion sur la vérité et la beauté. Une raison qui en quelque sorte voudrait se dévêtir de la beauté, serait diminuée, ce serait une raison aveuglée. Seules deux choses unies forment un ensemble, et pour la foi cette union est importante. La foi doit continuellement affronter les défis de la pensée de cette époque, afin qu'elle ne semble pas une sorte de légende irrationnelle que nous maintiendrions en vie, mais qu'elle soit véritablement une réponse aux grandes questions : afin qu'elle ne soit pas seulement habitude mais vérité - comme le déclara une fois Tertullien. Saint Pierre dans sa première Lettre, avait écrit cette phrase que les théologiens du Moyen Age avaient prise pour une légitimation, presque une commande pour leur travail théologique : "Soyez prêts à tout moment à rendre compte du sens de l'espérance qui est en vous" - apologie du logos de l'espérance, c'est-à-dire qui transforme le logos, la raison, en apologie, en réponse aux hommes. Bien sûr, il était convaincu du fait que la foi était logos, qu'elle était une raison, une lumière qui provient de la Raison créatrice, et non un beau mélange fruit de notre pensée. Voilà pourquoi elle est universelle, c'est pour cela qu'elle peut être communiquée à tous.
Mais ce logos créateur n'est pas seulement un logos technique - nous reviendrons sur cet aspect dans une autre réponse - il est ample, c'est un logos qui est amour et donc capable de s'exprimer dans la beauté et dans le bien. Et, en réalité, j'ai dit un jour que selon moi l'art et les saints sont la plus grande apologie de notre foi. Les arguments portés par la raison sont absolument importants et on ne peut y renoncer, mais il reste toujours quelque part un désaccord. En revanche, si nous regardons les saints, cette grande trace lumineuse par laquelle Dieu a traversé l'histoire, nous voyons que là se trouve véritablement une force de bien qui résiste aux millénaires, il y a véritablement la lumière de la lumière. Et de la même manière, si nous contemplons les beautés créées par la foi, elles sont simplement, dirais-je, la preuve vivante de la foi. Si je regarde cette belle cathédrale : c'est une annonce vivante ! Elle-même nous parle, et partant de la beauté de la cathédrale nous parvenons à annoncer visuellement Dieu, le Christ et tous ses mystères : ici ils ont pris forme et ils nous regardent. Toutes les grandes oeuvres d'art, les cathédrales - les cathédrales gothiques et les splendides églises baroques - sont toutes un signe lumineux de Dieu et donc véritablement une manifestation, une épiphanie de Dieu. Et dans le christianisme il s'agit précisément de cette épiphanie : Dieu est devenu une Epiphanie voilée - il apparaît et il resplendit. Nous venons d'écouter l'orgue dans toute sa splendeur et je pense que la grande musique née dans l'Eglise est une manière de rendre audible et perceptible la vérité de notre foi : du chant grégorien à la musique des cathédrales jusqu'à Palestrina et son époque, jusqu'à Bach puis Mozart, Bruckner et ainsi de suite... En écoutant toutes ces oeuvres - les Passions de Bach, sa Messe en si bémol et les grandes compositions spirituelles de la polyphonie du XVI siècle, de l'école viennoise, de toute la musique même celles des compositeurs mineurs - soudainement nous ressentons : c'est vrai ! Là où naissent des choses de ce genre, il y a la vérité. Sans une intuition qui découvre le vrai centre créateur du monde, une telle beauté ne peut naître. C'est pourquoi je pense que nous devrions toujours faire en sorte que les deux choses aillent ensemble, les porter ensemble. Lorsqu'à notre époque, nous discutons du caractère raisonnable de la foi, nous discutons précisément du fait que la raison ne finit pas où finissent les découvertes expérimentales, elle ne finit pas dans le positivisme ; la théorie de l'évolution voit la vérité, mais n'en voit que la moitié : elle ne voit pas que derrière il y a l'Esprit de la création. Nous luttons pour l'élargissement de la raison et donc pour une raison qui justement soit ouverte aussi au beau et ne doive pas le laisser de côté comme quelque chose de totalement différent et irrationnel. L'art chrétien est un art rationnel - pensons à l'art du gothique et à la grande musique ou même, justement à notre art baroque - mais c'est une expression artistique d'une raison très élargie, dans laquelle le coeur et la raison se rencontrent. Ainsi en est-il. Ceci est, je pense, d'une certaine manière la vérité du christianisme : coeur et raison se rencontrent, beauté et vérité se touchent. Et plus nous-mêmes réussissons à vivre dans la beauté de la vérité, plus la foi pourra redevenir créatrice même à notre époque et s'exprimer sous une forme artistique convaincante.
Alors, cher père Hopfgartner, merci de cette question ; essayons de faire en sorte que les deux catégories, celle de l'esthétique et celle de la noéthique, soient unies et que dans ce vaste cadre se manifeste la totalité et la profondeur de notre foi.
© Copyright : Librairie Editrice du Vatican
Traduction française : L'Osservatore Romano
parler : le signe de la croix.
Autre geste significatif : elle a d'abord voulu s'agenouiller pour prier, sa mère, Yolanda Pulecio, agenouillée à sa droite, et quelques autres personnes, dont des compagnons de captivité. L'aumônier militaire a guidé la prière : trois « Je vous salue Marie », le « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit ».
Cliquez ici pour entendre cette prière
La caméra colombienne a fait un gros plan sur le visage recueilli d'Ingrid Betancourt, les yeux fermés. Des images diffusées en direct dans le monde entier, dont, en France, « France 2 ».
Elle montrait à sa mère un rosaire enroulé autour de son poignet gauche. Et lorsque la conférence de presse allait commencer, elle a dit au micro qu'elle voulait d'abord remercier Dieu de sa libération en disant : « Il faut surtout que vous vous joignez à moi pour remercier Dieu d'être libre, parce que j'ai beaucoup prié (...) ».
Et puis, elle remercie l'armée colombienne, pour cette opération « impeccable », « parfaite ». Et puis elle insiste, après le récit de leur libération : « Dieu nous a fait ce miracle, ceci est un miracle ».
Je recommande mes enfants à Dieu
Dans la plaquette « Lettres à maman par-delà l'enfer » (Seuil janvier 2008) qui publie sa lettre de captivité du 24 octobre 2007, rédigée entre 8 h 34 et 15 h 34, elle écrit notamment : « Je recommande mes enfants à Dieu afin que la foi les accompagne toujours et qu'ils ne s'écartent jamais de lui ».
A sa mère, qui lui adresse des messages quotidiens grâce à la radio, elle écrit : « Tous les jours, je me lève en remerciant Dieu de t'avoir. Tous les jours, j'ouvre les yeux à 4 heures et je me prépare, afin d'être bien réveillée lorsque j'écouterai les messages de l'émission « La Carrilera de las 5 ».
Entendre ta voix, sentir ton amour, ta confiance, ton engagement à ne pas me laisser seule, c'est mon espoir quotidien . Tous les jours, je demande à Dieu de te bénir, de te protéger, et de me permettre de pouvoir un jour tout te rendre, te traiter commune reine à mes côtés, parce que je ne supporte pas l'idée d'être à nouveau séparée de toi ».
Elle dit aussi son espérance : « Je me nourris chaque jour de l'espoir d'être ensemble, et nous verrons comment Dieu nous montrera la voie, mais la première chose que je veux te dire, c'est que, sans toi, je n'aurais pas tenu jusque là ».
La prière pour Pinchao
Elle dit aussi sa prière pour « Pinchao », Jhon Frank Pionchao, un policier colombien, ancien otage des FARC pendant presque 9 ans, qui a réussi à s'évader en mai 2007 : il marchera 17 jours dans la jungle sans se faire reprendre. Il a passé trois de ses années de captivité avec Ingrid Betancourt.
« Dis-lui, écrit-elle à sa mère, combien je l'aime et que j'ai prié Dieu pour qu'il survive à son exploit ».
Aux stations de radio qu'elle réussit à capter, elle adresse ce message : « Que Dieu nous donne un jour la possibilité de nous embrasser et de leur rendre une partie de l'énergie que leur voix a inoculée dans nos curs, chaque jour de chaque mois de chaque année de cette terrible captivité ».
Et lorsque, sur la tarmac de Catam, un journaliste se présente comme de l'un de ces radios, « Caracol Radio », elle laisse le micro, s'avance vers lui, le serre longuement dans ses bras en guise de remerciement.
Dans cette même lettre, elle tient à envoyer « un salut fraternel à monseigneur Castro et au Père Echeverry ».
Elle souligne : « Ils se sont toujours battus pour nous. Ils ont toujours pris la parole quand le silence et l'oubli nous recouvraient plus que la jungle même ».
Une issue fatale était cependant envisagée comme une possibilité par Ingrid Betancourt, sans pour autant entamer sa foi dans la bonté de Dieu. Elle écrit, toujours à propos de ces deux prêtres : « Que Dieu les guide afin que très vite nous puissions parler de tout cela au passé. Et sinon, si Dieu en décide autrement, nous nous retrouverons au ciel et nous le remercierons pour son infinie miséricorde ».
Dans sa captivité, Ingrid Betancourt avait une Bible. Et, récemment, elle avait reçu ce dictionnaire qu'elle demandait pour ne pas se rouiller intellectuellement.
Mgr Castro et le P. Echeverri
Le Père Dario Echeverri (ou Echeverry) est avocat, spécialiste en Droit canonique, et prêtre Clarétin. Il est secrétaire national de la Commission de conciliation et membre de la Commission de paix de l'Eglise catholique et membre de la Commission de « facilitation » de ELN.
Il est reconnu par le gouvernement et par les FARC comme habilité à faciliter l'élaboration d'un accord humanitaire pour la libération des otages.
Mgr Luis Augusto Castro, évêque de Tunja, a joué un rôle clef dans la négociation avec les FARC.
Il est notamment l'auteur d'un livre intitulé « Réconciliation, individu et communauté en Colombie », qui offre une réflexion sur la réconciliation, à partir de l'expérience de la Colombie. Pour l'évêque, la vraie réconciliation commence lorsqu'une personne peut raconter la violence qu'elle a subie : la parole permet aux victimes de se reconstruire, pour arriver à la réconciliation. Cette réconciliation constitue, pour l'auteur, un évènement « libérateur » qui « vient finalement de Dieu », qui « rapproche ennemis et étrangers dans la mort du Christ ».
Une famille réunie
Ingrid Betancourt est franco-colombienne, et dans sa lettre, comme dans sa déclaration juste après sa libération, elle a remercié sa « douce France », où elle a passé une partie de sa vie et fait des études, rendant hommage à tous ceux qui l'ont soutenue.
« Je suis colombienne mais je suis française, mon coeur est partagé (...) Je vais très vite être avec vous, je rêve d'être en France », a-t-elle dit.
Betancourt ou Bethencourt ou Betancur, est un patronyme d'origine normande répandu en Amérique latine et Astrid Betancourt a déclaré qu'elles ont été éduquée dans l'amour de la France de leurs ancêtres.
A 15 h 25, ce 3 juillet, l'Airbus « République française » a amené à l'aéroport de Bogota les enfants d'Ingrid, Mélanie et Lorenzo Betancourt Delloye, leur père, Fabrice Delloye, et sa sur Astrid Betancourt, et d'autres membres de sa famille. Ingrid Betancourt est montée à bord de l'avion pour des retrouvailles dans l'intimité. Elle sera demain à Paris : elle viendra par le même avion.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, était dans l'avion : il est venu remercier les autorités colombiennes.
Anita S. Bourdin
Extraits d'un article paru dans zenit.org : Le monde vu de Rome, le 3 juillet 2008
Extraits du journal LaCroix
07/07/2008 19:02
Ingrid Betancourt se dit "transformée" par la prière
Dans un entretien à paraître jeudi 10 juillet dans lhebdomadaire « Pèlerin », Ingrid Betancourt raconte son parcours de foi. Ingrid Betancourt prie, sur le tarmac de l'aéroport de Bogota, juste après sa libération, avec sa mère, mercredi 2 juillet (Photo Vergara/AP).Dimanche 6 juillet au soir, à lissue de la messe de 22 heures au Sacré-Cur de Montmartre, à Paris, lhebdomadaire Pèlerin a longuement rencontré Ingrid Betancourt, lex-otage des Farc libérée mercredi dernier en Colombie.
« La dernière fois que jai vu mon père, à la veille de mon enlèvement, nous étions assis dans sa chambre, sous une image du Sacré-Cur », se souvient-elle, racontant comment elle a ensuite, en écoutant Radio Catholica Mundial, découvert la spiritualité du Sacré-Cur.
« Je me souviens dune bénédiction en particulier, celle de Jésus promettant de toucher les curs durs qui nous font souffrir, confie-t-elle aux journalistes de Pèlerin. Alors, jai fait cette prière : Mon Jésus, je ne tai jamais rien demandé parce que tu es tellement grand que jai honte de te solliciter. Mais là, je vais te demander quelque chose de très concret. Je ne sais pas ce que cela signifie exactement se consacrer au Sacré-Cur, mais si tu mannonces, au cours du mois de juin qui est ton mois, la date à laquelle je vais être libérée, je serai toute à toi. »
Or, le 27 juin, le commandant du camp ordonnait aux prisonniers de préparer leurs affaires car lun dentre eux allait être libéré. « Ma libération sest déroulée de manière très différente, reconnaît-elle, mais le fait est que Jésus a tenu parole : je vis un miracle. »
"Soit on se laisse enlaidir... Soit on choisit lautre chemin"
Longuement, lancienne otage raconte son parcours de foi. « Si je navais pas eu le Seigneur à mes côtés, je ne pense pas que jaurais réussi à grandir dans la douleur, explique-t-elle. Être otage vous place dans une situation de constante humiliation. Vous êtes victime de larbitraire complet, vous connaissez le plus vil de lâme humaine. Face à cela, il y a deux chemins. Soit on se laisse enlaidir, on devient hargneux, vindicatif, on laisse son cur se remplir de rancune. Soit on choisit lautre chemin, celui que Jésus nous a montré. Il nous demande : Bénis ton ennemi. »
Un chemin quelle reconnaît « difficile ». « Pourtant, dès que je faisais lexercice de prononcer Bénis ton ennemi alors que javais envie de dire tout le contraire , cétait magique, il y avait comme une espèce de
soulagement. » Et Ingrid Betancourt, qui dit avoir vécu « un dialogue constant avec Dieu, à travers lÉvangile », de conclure : « Je sens quil y a eu une transformation en moi. »
Bien sûr, elle reconnaît avoir eu des moments de doute. « La première année, cest vrai, jétais en lutte contre Dieu. Je lui en voulais terriblement de la mort de mon père, se souvient-elle. Et puis jai compris quil fallait le remercier, car jamais papa naurait pu supporter ces six années dhorreur. Alors, oui, je peux dire que ma foi a grandi. » Cest ainsi quelle a pu approfondir son regard sur Marie : « Papa avait une grande dévotion pour la Vierge, alors que moi, je dois dire quà lépoque, je trouvais Marie un petit peu
bébête. »
Mais elle a ensuite découvert « une Marie forte, une Marie intelligente, une Marie qui a de lhumour ». Une Marie, aussi, mère comme elle : « Je pensais à sa souffrance de mère, et je lui demandais sans cesse : Marie, sil te plaît, occupe-toi de maman et de mes enfants. (
) Et en disant cela, je sentais quelle mécoutait. Et je mapaisais. »
"Par des actes, faire que les gens soient touchés"
Si elle a pu tenter de partager cette foi avec dautres prisonniers, lancienne otage dit « avoir renoncé à leur parler de lÉvangile, sans doute parce que je ne savais pas le faire ». « Mais je continuais à prier tous les jours, précise-t-elle. Et ce qui est extraordinaire, cest que plusieurs de mes compagnons mont dit plus tard quils avaient retrouvé la foi grâce à moi. » Comme son ancien compagnon de captivité John Pinchao (2).
« Parler de Dieu, cest très compliqué, conclut Ingrid Betancourt. Mais on peut, par lexemple, par des actes, faire que les gens soient touchés. » Cest aussi pour cela quelle répond aujourdhui aux nombreuses sollicitations qui se présentent à elle elle sera ainsi cet après-midi au Sénat et pourrait se rendre demain à lAssemblée nationale. « Je me sens tellement redevable, explique-t-elle encore. Je dois tellement à lamour de tous dêtre ici, que je narrive pas à dire non. »
Nicolas SENÈZE
(1) Il vient de raconter son histoire dans Évadé de lenfer (Éd. Florent Massot, 333 p., 19,90 ).
Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
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